Antoine Watteau, la leçon de musique Contenu abonnés


Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, du 8 février au 12 mai 2013.

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1. Louis Surugue (vers 1686-1762)
d’après Antoine Watteau (1684-1721)
La Leçon de musique (Pour nous
prouver que cette belle)
, 1719
Eau-forte et burin - 18,3 x 23,5 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : BnF
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« Votre âme est un paysage choisi / Que vont charmant masques et bergamasques / Jouant du luth et dansant et quasi / Tristes sous leurs déguisements fantasques. »1 La leçon de musique (ill. 1) que propose le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles à travers la peinture de Watteau aurait pu, en guise de tempo, suivre les vers de Verlaine, ceux de Baudelaire également, qui chantent les correspondances.
Partie du constat qu’un tiers des œuvres de Watteau représente des musiciens, l’exposition souligne en effet la musicalité inhérente à son art, pour lequel on créa le genre de la fête galante. Ce projet a ceci de particulier qu’il a été dirigé par un chef d’orchestre, William Christie2 qui, en résidence à BOZAR, s’est penché sur les sonorités picturales de Watteau, en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts de Lille et avec le commissariat associé de Florence Raymond.
C’est un exploit de réunir une quinzaine de toiles du maître, malgré la frilosité des musées à se séparer de leurs biens. Elles sont complétées par une trentaine de feuilles de l’artiste et par une cinquantaine de gravures contemporaines d’après ses peintures et dessins – réalisées par Boucher, Benoît Audran II, Charles-Nicolas Cochin - qui viennent parfois suppléer les tableaux qui n’ont pu être obtenus ou qui ont disparu. Un ensemble d’instruments de musique, de documents et de partitions de l’époque enrichissent le propos tandis que des œuvres musicales sont diffusées dans les salles, jouées en direct par de jeunes interprètes certains jours de la semaine, ou retransmises dans des alcôves tout au long du parcours chronologique et thématique.

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2. Antoine Watteau (1684-1721)
L’Indiscret, vers 1716-1717
Huile sur toile - 56 x 68 cm
Rotterdam, Boijmans Van Beuningen Musuem
Photo : Boijmans Museum
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Cette exposition, qui évoque bien sûr le rôle essentiel de Pierre Crozat ou l’incontournable recueil Jullienne – le catalogue reproduit d’ailleurs la gravure de Tardieu représentant Watteau et son mécène (voir la brève du 21/2/13) - n’a pas la prétention de faire des révélations sur un œuvre aussi fameux, d’autant que le sujet a déjà été traité il n’y a pas si longtemps par le Metropolitan3, mais elle a le mérite de réunir des peintures et des dessins rarement visibles tous ensemble et propose de les écouter autant que de les regarder. Le catalogue, très complet, accompagne les œuvres de notices détaillées et a reçu la contribution de musicologues, historiens d’art et même d’un neurobiologiste avec Jean-Pierre Changeux. Un entretien entre William Christie et Pierre Rosenberg, retranscrit par écrit dans l’ouvrage et en vidéo dans les salles, confronte les points de vue complémentaires de ces deux pontes. Enfin, un…

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