Amand Gautier, 1825-1894. Une amitié à la Courbet


Auteurs : Jean-Jacques Fernier, Chantal Humbert, Marie-Chantal Nessler

local/cache-vignettes/L253xH290/Couverture_Amand_Gautier-7e599.jpgLe XIXe siècle est décidément inépuisable en peintres de talent et aucun connaisseur ne peut ignorer ce catalogue qui accompagnait l’exposition Amand Gautier à Ornans (20 mars au 23 mai 2004). Près de 65 œuvres y sont reproduites en couleur. Elles ne bénéficient pas de notices détaillées, et on aurait parfois aimé un peu plus d’analyse stylistique, même si les noms des fréquentations du peintres à tel moment de sa carrière en disent finalement aussi long.
L’essentiel du texte consiste en une biographie très détaillée, basée sur ses correspondances inédites, évoquant le cénacle bohème de la brasserie Andler, ses lien avec Paul Gachet, son amitié avec Champfleury et Courbet, des combats du Réalisme à l’épisode de la colonne Vendôme. Au milieu du siècle, certains de ses tableaux à sujet de couvent ont du succès au Salon, et on se souviendra paradoxalement de lui comme du « peintre des bonnes sœurs », alors qu’il était fondamentalement anticlérical (Promenade du jeudi des séminaristes, 1853). Par la suite, Gautier passe beaucoup de temps à Honfleur et au Havre, se lie avec Boudin, Jongkind, Carolus-Duran et encourage le jeune Monet. On peut le qualifier alors d’impressionniste, avec des pochades lumineuses proches de Cals ou des natures mortes de fleurs qui rappellent celles de Bazille. Engagé politiquement et socialement (Femmes aux portes des cantines municipales), Gautier parvient pour quelques tableaux à la force de son ami Courbet (Les Folles de la Salpêtrière, 1857 ; Rochefort en prison, 1871 ; Le Choléra Morbus dans une ferme du Jura, 1887). Son œuvre manque un peu de cohérence, mais il laisse beaucoup de lithographies et de beaux tableaux d’un réalisme sensible à Géricault comme à Goya et Manet, parfois tout près de tomber dans l’anecdote, souvent sauvé par une touche spontanée. Amand Gautier mérite mieux que de n’être considéré que comme l’ami des grands.

Jean-Jacques Fernier, Chantal Humbert, Marie-Chantal Nessler, Amand Gautier, 1825-1894. Une amitié à la Courbet, éditeur Musée Courbet, 108 p., ISBN : 2-911250-14-1


Michel de Piles, samedi 3 juillet 2004



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