Albert Besnard (1849-1934). Modernités Belle Epoque Contenu abonnés


Évian, Palais Lumière, du 2 juillet au 2 octobre 2016

JPEG - 76.9 ko
1. Albert Besnard (1849-1934)
Nymphes à la source dans un paysage d’Arcadie, vers 1904
Décor de la source Cachat à Evian
Huile sur toile - 375 x 520
Ville d’Évian, source Cachat
Photo : Ville d’Évian

Il fut compris en son temps et le fut moins par la suite. La postérité, souvent, préfère les artistes maudits à ceux qui menèrent une brillante carrière officielle et pour lesquels la Renommée n’a pas eu besoin de souffler bien fort dans sa trompe si bien que le son n’a pas traversé les siècles : lauréat du Prix de Rome, élu à l’Académie des Beaux-Arts et même à l’Académie française, Albert Besnard fut aussi directeur de la Villa Médicis puis de l’École des Beaux-arts ; décoré de la Légion d’honneur, il finit en beauté par des funérailles nationales. N’en jetez plus. Pire que les honneurs, Besnard fut étiqueté peintre de la Troisième République, donc démodé. Ses œuvres sont pourtant admirées par des milliers de Parisiens chaque jour, du moins par ceux qui lèvent les yeux. Le plafond de la Comédie française, le Petit Palais, plusieurs mairies d’arrondissement, l’Hôtel de Ville également... il décora une multitude de monuments. L’association Le Temps d’Albert Besnard présidée par Pierre Rosenberg a été créée en 2003 afin de remettre sur le devant de la scène ces artistes de la fin du XIXe siècle tombés dans l’oubli.
L’autre tort de Besnard est d’être inclassable : artiste académique, il fut néanmoins recherché - et critiqué - pour l’audace de ses coloris et de ses effets de lumière. Certaines de ses peintures tendent vers un symbolisme fantastique, tandis que d’autres relèvent de la peinture orientaliste. Et s’il se forma auprès de Cabanel, les impressionnistes l’accusèrent de plagiat. « Besnard ? Un Pompier qui a pris feu » aurait ricané Degas, ajoutant goguenard : « Il vole de nos propres ailes1. Mais si Besnard partagea avec les impressionnistes cet intérêt pour la couleur et les reflets, il ne renonça jamais à la ligne et rejeta la touche divisionniste.

Impossible de le faire entrer dans une case. Et c’est ce que confirme l’exposition qui lui est aujourd’hui consacrée au Palais Lumière d’Évian : la diversité de son œuvre est étonnante, qui puise ses inspirations sur les bords du Tibre, de la Tamise ou bien du Gange, mais aussi du lac d’Annecy... Le peintre séjourna et travailla régulièrement dans une maison qu’il se fit construire à Talloires, en Haute Savoie. Il participa au décor de La Sapinière, villa du baron Vitta, dont la Ville d’Évian a acheté les projets au crayon et à l’aquarelle en 2013. Il peignit aussi les Nymphes à la source dans un paysage d’Arcadie pour le bâtiment de la source Cachat que fit construire la Société anonyme des Eaux minérales d’Évian (ill. 1). La toile monumentale, restaurée pour l’occasion, est présentée dans le hall du Palais Lumière. Mêlant la réalité à l’idéalisation, le peintre met en scène des nymphes qui puisent l’eau avec des carafes et des coupelles de verre au sein d’une nature idyllique inspirée…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti

Article suivant dans Expositions : La paix des Pyrénées. Politique et famille