Albert Bartholomé (1848-1928), la redécouverte d’un grand sculpteur Contenu abonnés


Auteur : Thérèse Burollet.

Le Grand Palais célèbre avec faste le centenaire de la mort d’Auguste Rodin (voir l’article), dont le musée portant son nom, à quelques centaines de mètres de là, compte parmi les plus visités (en quatrième position à Paris pour les touristes étrangers) ; au même moment, à Nogent-sur-Seine (voir l’article), a lieu l’inauguration du musée rebaptisé Camille Claudel dont le nom éclipsera désormais, en grande partie, ceux pourtant remarquables de Paul Dubois et Alfred Boucher (anciens titulaires de cet honneur, devenus, sous la plume d’un commentateur du Parisien, des « sculpteurs locaux » !). Ce changement se fait ainsi au profit d’une artiste dont la popularité auprès du grand public doit sans doute autant à Isabelle Adjani qu’à son œuvre. Dans ce contexte où l’événementiel, la médiatisation et le comptage des entrées priment bien souvent sur le fond, il est réjouissant que paraisse une vraie monographie sur Albert Bartholomé. Ce grand sculpteur, célèbre de son temps, avait subi un bien injuste oubli, emporté comme tant d’autres, dans le flux illusoire d’une « modernité » univoque et d’une histoire de l’art construite de toutes pièces à partir de quelques noms et de quelques filiations théoriques : Rodin, justement, Bourdelle, à la rigueur mais avec méfiance, Maillol, gentiment et non sans condescendance, Giacometti, bien sûr, Brancusi absolument, et aucun autre… naturellement. Le « Musée national d’art moderne » persiste dans cette supercherie ; s’agissant de la sculpture qui, du tout début du XXe siècle jusqu’aux années 1950, n’a pas renoncé à un humanisme figuratif et au monumental, cette grande institution, lorsqu’elle ne la cache pas purement et simplement dans ses réserves, la relègue dans des dépôts au profit de musées de province au titre d’un « années trente » hors sol ou d’une imbécile case « Art déco ». Les historiens, marchands et collectionneurs restés fidèles et curieux de ces artistes font ainsi preuve d’un courage méritoire. De Landowski à Bouchard, d’ailleurs auteur du tombeau de Bartholomé, de Despiau à Wlerick, Dejean, Drivier, Osouf, Pina ou Yencesse, combien de magnifiques sculpteurs injustement négligés, sans parler de leurs prédécesseurs symbolistes Desbois, Carriès, Roche, Fix-Masseau ou Dampt !

Thérèse Burollet, directrice honoraire du Petit Palais, fait partie de ceux qui n’ont jamais accepté le dépeçage de l’histoire de l’art au profit d’un roman « moderne » dont on sait aujourd’hui le caractère réducteur et fallacieux (Jacques Thuillier avait analysé cette escroquerie à propos de la peinture académique dès les années 1980, mais l’arrière-garde moderniste française a la vie dure : bien que moribonde, elle bouge encore !).
Dire que Bartholomé est une part importante de l’engagement de Thérèse Burollet est une litote puisque ce ne sont pas moins de cinquante années (oui, cinquante !) de recherches qu’elle lui a consacrées, à partir plus précisément de 1963, lorsque André Chastel lui donna son accord pour étudier ce…

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