
1. Jules-Elie-Delaunay (1828-1891)
Etude pour Apollon, vers 1866-1874
Fusain et craie blanche - 48,3 x 32,7 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : C. Clos
10/2/12 - Acquisitions, Site Internet, Exposition - Nantes, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Nantes, actuellement fermé pour des travaux d’agrandissement et de réaménagement, ne cesse pourtant pas pour autant ses activités.
La chapelle des Oratoriens qui lui est rattachée (et qui sera, lors de la réouverture, directement accessible sans sortir du musée), sert en effet de lieu d’expositions organisées pendant cette période à partir des collections permanentes. C’est ainsi l’occasion de montrer, jusqu’au 29 avril et dans une muséographie sobre et bien adaptée, une sélection d’estampes et de dessins français du XIXe siècle.
Cet accrochage n’a pas de catalogue propre car dans moins de deux mois sortira un catalogue raisonné de ce fonds, à l’exception toutefois des artistes dont plus de 100 œuvres graphiques sont conservées. Parmi ceux-ci, un enfant du pays, Jules-Elie Delaunay - plusieurs feuilles sont montrées dans l’exposition (ill. 1) - bénéficie désormais d’un site qui lui est dédié.
Fort bien fait et d’une ergonomie agréable, celui-ci propose actuellement une sélection de dessins et tableaux, classés par thème. D’ici peu, l’intégralité du fonds conservé à Nantes, qui a été entièrement numérisé, sera accessible via ce site. Signalons qu’une bonne partie est déjà consultable également sur Videomuseum.

2. Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson (1767-1824)
Etude de draperie, 1806
Mine de plomb et craie blanche - 47,7 x 56,3 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : C. Clos

3. Achille Joyau (1831-1872)
Les Propylées à Athènes
Aquarelle - 40 x 73 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : T. Richard

4. Rodolphe Bresdin (1822-1885)
Le bon Samaritain, 1863
Lithographie - 57 x 45 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : C. Clos
Il est étonnant de constater que Nantes ne possède que seize dessins antérieurs au XIXe siècle1. L’exposition montre que le fonds du XIXe siècle est à la fois riche par le nombre d’œuvres et leur qualité, mais relativement peu diversifié et sans réelle cohérence. On y trouve plusieurs ensembles conséquents par divers artistes, ainsi que des feuilles isolées, mais l’ensemble n’est pas réellement représentatif des arts graphiques au XIXe siècle.
L’accrochage mêle œuvres très connues, comme la splendide étude de draperies d’Anne-Louis Girodet (ill. 2) ou Le Prisonnier d’Odilon Redon, à d’autres plus confidentielles, comme la belle série d’études de têtes pour un décor réalisé pour l’église Saint-Louis de Paimbœuf près de Nantes, par le méconnu Alexis Douillard ou de grands pastels du nantais Alexis Chatron.
Parmi les artistes abondants dans les collections du musée, on remarquera outre Delaunay, les architectes Félix Thomas2 et Joseph Joyau (ill. 3), Luc-Olivier Merson dont un fonds fut offert en 1925, Henry-Pierre Picou (un legs en 1986) ou, plus récemment, Rodolphe Bresdin, dont 57 dessins et estampes (ill. 4), furent donnés en 2008 ou légués en 2009 par Madame Gallico-Bresdin, deux gestes dont nous n’avions pas parlé sur ce site. De même, nous n’avions pas évoqué ici le don en 2006 d’une très belle aquarelle de James Tissot (ill. 5).

5. James Tissot (1836-1902)
Le retour du fils prodigue, vers 1880
Aquarelle - 30 x 39,7 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : C. Clos
Les estampes sont elles aussi remarquables. Outres les Bresdin déjà cités, on signalera les œuvres les plus surprenantes et qui constituent sans doute la plus belle redécouverte de cette exposition. Elles sont de Pierre-Emile Cornillier (ill. 6 et 7), un artiste Symboliste extrêmement doué mais bien oublié, qui avait pourtant exposé aux Salons Rose+Croix. La reproduction de deux de ses gravures suffit à donner une idée de son grand talent.

6. Pierre-Emile Cornillier (1862-après 1829)
La démence, 1897
Lithographie - 27,5 x 13,7 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : A. Guillard

7. Pierre-Emile Cornillier (1862-après 1829)
Médée, 1897
Lithographie - 27,5 x 13,7 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : A. Guillard
On signalera également dans l’exposition plusieurs dessins de Paul Flandrin dont un carnet fut acheté en 1996 mais on n’y verra pas un don très récent de la galerie de Bayser représentant une Vue d’un lac dans les gorges de Provence (ill. 8) puisqu’il s’agit d’un petit panneau peint, et non d’un dessin.

8. Paul Flandrin (1811-1902)
Vue d’un lac dans les gorges de Provence, vers 1850
Huile sur panneau - 14,5 x 21,5 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie de Bayser

9. Jacques-Louis David (1748-1825)
L’Allégorie de la Révolution à Nantes, 1790
Encre et crayon - 30,5 x 44 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Nantes
C’est d’ailleurs de la même galerie de Bayser que le musée vient d’acquérir un extraordinaire dessin inédit de Louis David, représentant L’Allégorie de la Révolution à Nantes3 (ill. 9), esquisse pour une grande composition que la municipalité de Nantes devait lui commander. Il vint dans la ville pour y travailler, en mars-avril 1790, mais le projet fut finalement abandonné.
Le Louvre conserve un carnet acquis en 1978 (RF 36.942) où l’on trouve plusieurs dessins préparatoires pour cette composition, notamment les feuillets 7 recto, 8 recto où les personnages étudiés sont très proches de certaines figures de ce dessin ou le croquis sur le feuillet 8 verso probablement une première pensée, dans une attitude un peu différente, pour la femme de gauche tenant une chaîne et regardant vers le haut.
