Actualité du Musée départemental Gustave Courbet à Ornans


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1. Gustave Courbet (1819-1877)
Le Chêne de Flagey
Huile sur toile - 89 x 110 cm
Japon, collection Michimasa Murauchi
Photo : Musée départemental Gustave Courbet

3/9/12 - Mécénat, acquisition, exposition - Ornans, Musée départemental Gustave Courbet - Rouvert en 2011 après trois ans de travaux, le Musée Courbet à Ornans a lancé, il y a quelque semaines, une souscription destinée à acheter à un collectionneur japonais, Michimasa Murauchi, un tableau du peintre représentant Le Chêne de Flagey (ill. 1). Le prix de cette toile est de 4 millions d’euros, et un accord a pu être signé par le département, représenté par le président du Conseil général Claude Jeannerot, pour lui donner la priorité d’achat jusqu’au 15 octobre 2012. Il ne reste donc plus qu’un mois et demi pour réunir ce montant.
La moitié, pour l’instant, a pu être trouvée. Le département participera à hauteur de 500 à 800 000 €, la région s’est engagée pour 500 000 €, le fonds du patrimoine contribuera pour 500 000 € tandis que la souscription, pour l’instant, a déjà rapporté une somme équivalente. Il manque donc entre 1,7 et 2 millions d’euros, ce qui représente un budget non négligeable mais que Claude Jeannerot a bon espoir d’obtenir en faisant appel aux sociétés partenaires et prestataires du département. Le 19 septembre, en effet, l’œuvre passera devant la commission des trésors nationaux et devrait être décrétée d’importance patrimoniale majeure, ce qui permettra aux entreprises de déduire 90% de leur don du montant de leurs impôts. Les particuliers peuvent bien entendu continuer à donner, sachant qu’ils bénéficient d’une déduction de leurs impôts égale à 66% du montant du don1
L’achat de cette toile, qui avait quitté la France dès 1898 pour être vendue aux États-Unis, et qui avait été acquise en 1987 par son propriétaire japonais, constituerait un enrichissement majeur des collections nationales. Il permettrait également au musée de renforcer de manière significative son fonds, notablement appauvri par les dissensions qui se sont fait jour avec l’Institut Courbet, ce dernier ayant conservé près de la moitié des œuvres de l’artiste autrefois exposées au musée (voir l’article).


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2. Jean-Baptiste, dit Auguste Clésinger (1814-1883)
Pins sur l’île Sainte-Marguerite, vers 1871
Crayon, gouache
Ornans, Musée Gustave Courbet
Photo : D. R.

Par ailleurs, un dessin de Jean-Baptiste, dit Auguste Clésinger (ill. 2) a été acquis directement auprès d’un collectionneur privé à Belfort. Il représente l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes où le sculpteur séjournait en 1871 chez son épouse (dont il était séparé), Solange Sand-Clésinger, la fille de George Sand.


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3. Adolphe Braun (1812-1877)
Le château de Chillon, vers 1870
Papier albuminé
Lausanne, Musée de l’Élysée
Photo : Musée de l’Élysée
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4. Gustave Courbet (1819-1877)
Le château de Chillon, 1875
Huile sur toile - 62,2 x 92,4 cm
Lons-le-Saunier, Musée des Beaux-Arts
Photo : J.-L. Mathieu

Outre les acquisitions, le musée mène une politique active d’expositions. Celle qui y est actuellement présentée est consacrée aux rapports entre la photographie et la peinture. Un sujet certes maintes fois traité, mais qui est tellement riche qu’il peut bien donner lieu à une nouvelle étude, d’autant que Gustave Courbet lui même fut immédiatement convaincu par cet art, ce qui ne fut pas le cas de tous les peintres qui y voyaient une menace pour leur propre activité.
Il n’était pas question ici de traiter le sujet de manière exhaustive. L’exposition se concentre sur quelques thèmes - les sujets communs aux photographes et aux peintres (ill. 3 et 4), la diffusion des œuvres par la photographie, la préparation des tableaux grâce à des clichés photographiques pris ou commandés par les peintres... - et quelques artistes ou groupes d’artistes - Courbet, bien sûr, l’école de Barbizon, les naturalistes...


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5. Jules-Alexis Muenier (1863-1942)
Photographie préparatoire pour Aux beaux jours, vers 1889
Bradley P. Radichel Subtrust
Photo : Bradley P. Radichel Subtrust
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6. Jules-Alexis Muenier (1863-1942)
Aux beaux jours, 1889
Huile sur toile
Collection de la famille de l’artiste
Photo : D. R.

L’exposition présente l’avantage d’être très didactique. Le catalogue contient quelques essais intéressants même si, il est vrai, rien n’est vraiment nouveau. Chacun pourra néanmoins y apprendre quelque chose. L’une des sections les plus intéressantes, celle consacrée aux naturalistes, montre à travers l’exemple de certains peintres, tels que Jules Bastien-Lepage, Pascal Dagnan-Bouveret, Jules-Alexis Muenier (ill. 5 et 6), Emile Friant ou des étrangers comme Albert Edelfelt, que la photographie se substitua, pour beaucoup d’artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, aux études dessinées, sans les remplacer jamais complètement.
On signalera enfin, pour s’en étonner, le peu de confraternité marquée par la Bibliothèque nationale de France vis à vis du Musée Courbet. Alors qu’il bénéficie de prêts venant de musées prestigieux, en France (Orsay, Rodin, Lyon,...) ou à l’étranger (les Offices, l’Albertina, etc.), la BnF a en effet refusé d’y laisser pendant quelques mois les photographies qui lui étaient demandées, obligeant parfois à remplacer celles-ci par des reproductions.



Peintures murales de l’atelier de Gustave... par latribunedelart


Terminons enfin ce court panorama de l’actualité du Musée Courbet en rappelant, ce qu’avait déjà largement évoqué Bénédicte Bonnet Saint-Georges dans ces colonnes, la prochaine ouverture au public de l’atelier du peintre, où des peintures murales de sa main ont été redécouvertes récemment (voir la vidéo ci-dessus), et qui fera l’objet d’une restauration (qu’on espère plus respectueuse du bâtiment - fort simple - que celle du musée) en 2013.


Exposition : « A l’épreuve du réel ». Les peintres et la photographie au XIXe siècle. Ornans, Musée départemental Gustave Courbet, du 30 juin au 1er octobre 2012.

Commissariat : Frédérique Thomas-Maurin, Julie Delmas, Élise Boudon, avec la collaboration de Morgane Martin.

Collectif, « A l’épreuve du réel ». Les peintres et la photographie au XIXe siècle, 2012, Éditions Fage, 182 p., 29 €. ISBN : 978-2-84975-271-5


English Version



Didier Rykner, lundi 3 septembre 2012


Notes

1Dans la limite de 20% du montant imposable. Signalons aussi que les donateurs bénéficieront des avantages suivants : pour un don entre 30 € et 60 €, une entrée au musée offerte ; pour un don de 60 € à 240 €, une ou plusieurs entrées offertes, ou un abonnement annuel ; pour un don supérieur à 240 €, trois abonnements annuels offerts ; à partir de 500 € invitation à chaque vernissage d’expositions et aux visites privées.





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