
1. Giulio Carpioni (1613-1679)
Liriopé présentant Narcisse à Tirésias
Huile sur toile - 72 x 87 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Cabinet Breton-Blondeau
16/9/07– Acquisitions – Pau, Musée des Beaux-Arts – Après le beau tableau de Simone Cantarini préempté à Clermont-Ferrand en 2006 (voir brève du 15/9/06), le Musée des Beaux-Arts de Pau s’est enrichi cette année, auprès du cabinet Breton-Blondeau à Paris, d’une toile de Giulio Carpioni (ill. 1) figurant Liriopé présentant Narcisse à Tirésias. Le sujet, quoique rare dans la peinture, ne l’est pas pour cet artiste puisqu’il le représenta très souvent, renouvelant à chaque fois sa composition [1]. Le prophète aveugle Tirésias prédit à Liriopé, la mère de Narcisse, que celui-ci aura une longue vie « s’il ne se connaît pas ». On sait ce qu’il en advint : l’iconographie de Narcisse se mirant dans son reflet jusqu’à se laisser mourir a été, au contraire de celle-ci, très souvent traitée.
Fortement marqué par Poussin, Carpioni livre ici une composition classicisante. Ses personnages ont une physionomie très typée qui rend facile l’identification de ses peintures et que l’on retrouve dans ce tableau.

2. Achille Devéria (1800-1857)
L’Imploration
Huile sur toile - 46,5 x 38 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Pau
Les deux autres acquisitions sont des œuvres du XIXe siècle. La première est une toile d’Achille Devéria (ill. 2), frère d’Eugène dont le musée possède une importante collection. Elève de Girodet, Achille est l’illustrateur romantique par excellence, auteur d’innombrables lithographies et de nombreux dessins. En revanche, il peignit peu. Le sujet de cette scène religieuse, entrée au musée sous le titre : L’Imploration, n’est pas identifié précisément. Pour quelle raison la femme agenouillée supplie-t-elle le moine ? Qui est la mère de l’enfant : l’implorante ou celle qui le porte sur ses genoux ? Il y a peut-être une portée morale dans l’histoire, l’enfant étant sans doute né hors mariage [2]. Ce type de représentation édifiante était fréquente au XIXe siècle et on peut comparer ce tableau, par exemple, à ceux d’Octave Tassaert (notamment L’Abandonnée) ou, dans un style bien différent, du Bien et le Mal de Victor Orsel qui met en parallèle les histoires de deux femmes, l’une heureuse, l’autre finissant tragiquement pour avoir enfanté dans le péché.

3. Gustave Wappers (1803-1874)
Le Giaour
Huile sur panneau - 45 x 35 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Pau
Le second tableau du XIXe siècle est dû au peintre belge Gustave Wappers (ill. 3). Son sujet, le Giaour est tiré de Lord Byron et semble dériver directement de l’œuvre éponyme d’Ary Scheffer, exposée au Salon de 1833 et dont une petite réplique a été acquise il y a deux ans par le Musée de la Vie Romantique à Paris (voir brève du 16/6/05).
Avec ces acquisitions, le Musée des Beaux-Arts de Pau poursuit avec constance sa politique visant à renforcer son fonds en suivant quelques lignes directrices, notamment la peinture italienne du Seicento et le romantisme autour de Devéria.
