Acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts d’Agen


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1. Jean-Baptiste Le Prince (1734 -1781)
Paysage avec enfants jouant
dans une mare aux canard
, 1754
Huile sur toile - 72 x 59 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Agen
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11/1/17 - Acquisitions - Agen, Musée des Beaux Arts - Avant son départ la directrice du Musée des Beaux-Arts d’Agen a fait plusieurs acquisitions. Marie-Dominique Nivière, qui a dirigé le musée pendant quinze ans, a pris sa retraite en décembre 2016. Elle est remplacée par Adrien Enfedaque, jeune diplômé de l’Institut national du patrimoine, auteur d’un mémoire de Master 2 sur Les Appartements des enfants de France à Versailles sous l’ancien régime.

Trois tableaux ont récemment enrichi les collections, achetés à la galerie bordelaise L’Horizon chimérique. Un paysage de Jean-Baptiste Le Prince tout d’abord (ill. 1) montre un plan d’eau au cœur d’un bois près duquel se tiennent plusieurs petits personnages notamment des enfants qui pataugent au milieu des canards. La toile est datée de 1754, ce qui fait d’elle, dans la chronologie de l’œuvre de l’artiste, la première peinture connue de sa main. Elle a été réalisée avant son départ de France ; il se rendit d’abord en Italie vers 1754, puis en Hollande, en Russie enfin, arrivant à Saint-Pétersbourg en 1758, un voyage qui marqua nombre de ses peintures par la suite.
Avant ce périple, Le Prince se forma dans l’atelier de François Boucher dont l’influence est sensible dans ce paysage, ainsi que celle de Fragonard.


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2. Merry-Joseph Blondel ( 1781-1853)
Autoportrait, vers 1850
Huile sur toile - 93 x 73,5 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Agen
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3. Merry-Joseph Blondel (1781-1853)
Portrait de Madame Blondel, née Louise-Emilie Delafontaine,
à sa table de couture
, 1849
Huile sur toile - 93 x 73 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Agen
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Deux autres tableaux ont été achetés à la galerie L’Horizon chimérique : un autoportrait de Merry-Joseph Blondel et un portrait de sa femme, formant pendants (ill. 2 et 3). Assis, montré à mi-corps sur un fond neutre, Blondel se présente en peintre, sa palette et ses pinceaux en main, mais habillé avec élégance, un foulard autour du cou et une chaîne qui dépasse de sa veste. Son visage est modelé par un éclairage venu de la droite. Le portrait de sa femme, fille de Pierre-Maximilien Delafontaine, est moins sobre et les accessoires plus nombreux. Elle aussi est élégamment vêtue et les différentes textures sont soigneusement décrites, notamment la dentelle de son col et de ses manches. Les deux portraits se répondent par l’attitude des modèles, qui sont assis de côté avec une certaine nonchalance, accoudés sur le dossier de leur chaise, suggérant ainsi une atmosphère intime.
Blondel fut portraitiste, mais il peignit aussi des sujets mythologiques ou religieux sur des tableaux de chevalet ou des décors muraux notamment au Louvre (voir l’article) ; le Petit Palais donne une idée de cette production dans son exposition sur« L’Art de la Paix » (voir la brève du 2/12/16).

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4. Anonyme, France, 2e moitié du XVIIIe siècle
Portrait d’Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu,
duc d’Aiguillon en habit de lieutenant
de la compagnie des Chevau-légers, entre 1769 et 1788
Huile sur toile - 136 x 105 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Agen
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Enfin un autre portrait, acquis cette fois-ci dans une vente aux enchères organisée par Primardeco à Toulouse le 25 octobre 2014, est une œuvre anonyme qui représente le duc d’Aiguillon (ill. 4). Son achat est important pour le musée dont une partie des collections du XVIIIe provient du château des ducs d’Aiguillon dans le Lot-et-Garonne.
Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu (1720-1788), lieutenant général et pair de France, fut le ministre des Affaires étrangères de Louis XV. A la mort du roi, la famille tomba en disgrâce et se retira sur ses terre en Guyenne. Par la suite, ses biens furent confisqués en 1792, le mobilier mis en vente, certains tableaux et objets d’arts, détruits, d’autres vendus, mais une sélection fut transportée à Agen et finalement ce sont plus de trente tableaux qui furent déposés au muséum.
Le duc d’Aiguillon est représenté coupé au genoux, il porte l’uniforme rouge et or de lieutenant de la compagnie des chevau-légers de la garde du roi, il est décoré des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Louis. Il semble désigner de la main trois cavaliers qui chevauchent dans un paysage à l’arrière-plan. Comme le remarque Marie-Dominique Nivière, ce portrait par le geste du modèle et la mise en page est comparable à celui du duc de Choiseul par Louis-Michel par Van Loo.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 11 janvier 2017





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