Acquisitions récentes des Musées d’Angers


26/02/15 - Acquisitions - Angers, Musées (Beaux-Arts, David d’Angers, Jean Lurçat) - Outre l’achat, en partie grâce à une souscription publique organisée en 2013, du tableau de Jean-Baptiste Le Prince préempté fin 2012 (voir la brève du 19/6/13), les musées d’Angers ont acquis plusieurs œuvres ces deux dernières années.


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1. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
La Consécration de la chapelle
Sainte-Marie en 1854
, vers 1855
Huile sur toile - 69 x 54 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin
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2. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
La Consécration de la chapelle
Sainte-Marie en 1854
, vers 1855
Peinture murale
Angers, chapelle de l’hôpital
Photo : Didier Rykner

C’est ainsi que dans une vente publique à Nantes, le 28 janvier 2014, étaient proposées quatre esquisses du peintre angevin Jules Lenepveu (deux de ces études peintes sont sur une même toile, le cadre donnant l’impression de deux œuvres différentes) que le musée a su acquérir (sans préemption) pour la somme très raisonnable de 4 700 € (hors frais) pour l’ensemble.
La plus grande de ces esquisses (ill. 1) est une étude préparatoire (sans doute un modello) présentant très peu de différences avec l’œuvre définitive, pour le transept droit de la chapelle de l’hôpital Sainte-Marie d’Angers (ill. 2). Elle représente la consécration de cet édifice religieux sous la protection de la Vierge.
L’hôpital fut construit par l’architecte Edouard Moll, et sa chapelle ornée dans les années 1850-1860 d’un programme décoratif très ambitieux dû à Jules Lenepveu, à Jules Dauban et à Édouard Appert. Laissées longtemps à l’abandon et menacées de disparition, la chapelle et ses peintures murales ont heureusement été restaurées dans les années 1980. Mais l’édifice, transformé en accueil de l’hôpital, a vu son intérieur en partie dénaturé par des constructions qui masquent certains éléments du décor (nous reviendrons sur celui-ci dans un prochain article).


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3. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
Saint Ambroise livrant les vases sacrés
pour délivrer les prisonniers
, 1875
Huile sur toile - 52 x 38 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin
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4. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
Saint Ambroise livrant les vases sacrés
pour délivrer les prisonniers
, 1875
Peinture murale
Paris, église Saint-Ambroise
Photo : Paroisse Saint-Ambroise (domaine public)

Une autre esquisse est en rapport avec les peintures que Lenepveu exécuta sur les quatre parois du transept de l’église Saint-Ambroise à Paris, représentant deux scènes de la vie de saint Augustin, et deux scènes de la vie de saint Ambroise. Il s’agit ici d’un modello pour Saint Ambroise livrant les vases sacrés pour délivrer les prisonniers (ill. 3), ou peut-être d’un ricordo, œuvre réalisée par l’artiste d’après sa grande composition (ill. 4), car on ne discerne ici pratiquement aucune différence entre les deux.


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5. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
Martyre de saint Denis et ses compagnons et
Les martyrs ensevelis par Catulle, 1861
Huile sur toile - 46 x 55 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin

Enfin, les deux esquisses exécutées sur une même toile et montées comme deux tableaux différents (ill. 5) sont préparatoires aux peintures murales réalisées par Jules Lenepveu pour la chapelle Saint-Denis de l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris. Dans celle de gauche, on voit le saint se préparant au martyre alors qu’un de ses compagnons, dont le corps gît au premier plan, vient d’être décapité ; dans la seconde, le cadavre de saint Denis et celui d’un autre martyre sont transportés pour être inhumés.


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6. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
Deux soldats
Sanguine - 24 x 20 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin
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7. Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898)
Les blessés militaires à l’Hôtel-Dieu
Peinture murale
Angers, chapelle de l’hôpital
Photo : Didier Rykner

Dans une vente aux enchères à Angers (SVV La Perraudière), le 7 décembre 2013, le musée avait déjà acquis un dessin représentant deux soldats (ill. 6), préparatoire, toujours dans la chapelle de l’hôpital Sainte-Marie, de la peinture murale figurant Les blessés militaires à l’hôtel Dieu sur la paroi droite du transept gauche (ill. 7).
Ces œuvres viennent encore enrichir le fonds Lenepveu du Musée des Beaux-Arts déjà riche de plus de 800 dessins, d’aquarelles datant du séjour en Italie, de plus de 70 peintures et de cartons préparatoires pour le théâtre d’Angers et l’Opéra de Paris. Il conserve notamment l’un des plus grands dessins du monde, le carton à taille d’exécution du plafond de ce dernier monument, hélas aujourd’hui caché sous celui de Chagall.


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8. Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833)
La Mort de Priamn avant 1830
Crayon noir, rehaut de craie blanche sur calque - 24 x 20 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers/P. David

L’association Angers Musées Vivants a acquis en 2013, auprès de la galerie de Bayser à Paris, pour l’offrir au musée, une étude dessinée pour La Mort de Priam de Pierre-Narcisse Guérin (ill. 8). Ce grand tableau, inachevé, est conservé à Angers, avec son modello et une exposition, que nous avions recensée ici, lui avait été consacrée. Il s’agit ici probablement de la première pensée pour cette œuvre.


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9. Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)
Jean Racine suivi d’Athalie, d’Iphigénie et de Phèdre, vers 1818
Crayon noir, découpage, plume, encre noir - 28,9 x 55,5 cm
Angers, Musée David d’Angers
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin
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10. Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)
Beaumarchais précédé du comte Almaviva,
de Figaro et de Rosine
, vers 1818
Crayon noir, découpage, plume, encre noir - 28,9 x 55,5 cm
Angers, Musée David d’Angers
Photo : MBA d’Angers/F. Baglin

Les 17 décembre 2012 et 25 juin 2013 étaient vendus en deux fois, chez Millon à Paris, des dessins de David d’Angers préparatoires pour la frise sculptée de la salle du théâtre de l’Odéon, un décor exécuté en 1818-1819 et détruit très tôt, en 1829.
Si un lot de deux feuilles en décembre 2012 fut adjugé la somme colossale de 31 500 €, sur une estimation de 2 à 3 000 €, et n’avait donc pu être acquis par Angers, les autres restèrent invendus et ont pu être achetés directement par le musée qui a également acquis tous ceux proposés en juin de l’année suivante, pour des prix très raisonnables (7400 € pour neuf dessins, en trois lots). Ce sont donc en tout vingt nouvelles feuilles de David d’Angers (nous n’en reproduisons que deux - ill. 9 et 10) qui sont venues enrichir le fonds du musée qui porte son nom.
L’été dernier, le Musée David d’Angers a présenté ces dessins pour l’Odéon en accompagnant cet accrochage d’un petit catalogue offert gratuitement aux visiteurs.


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11. Eugène Devéria (1805-1865)
La Mort de Jeanne d’Arc, vers 1830
Huile sur toile - 32,5 x 24,5 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Michel Descours
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12. Eugène Devéria (1805-1865)
La Mort de Jeanne d’Arc, 1829-1831
Huile sur toile - 466 x 340 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA d’Angers

Dernière acquisition récente pour le XIXe siècle, le musée des Beaux-Arts a acheté à la galerie Michel Descours de Lyon une esquisse (ill. 11) pour un tableau d’Eugène Devéria qu’il conserve, représentant la Mort de Jeanne d’Arc sur le bûcher (ill. 12). L’œuvre fut commandée à l’artiste en 1829 pour être directement envoyée à Angers après son exposition au Salon de 1831. Devéria n’y reçut malheureusement pas le même accueil triomphal qu’il avait connu l’année précédente avec la Naissance d’Henri IV aujourd’hui au Louvre.
Si, dans cette étude peinte, l’idée générale est déjà trouvée et les principaux protagonistes déjà en place, la composition définitive se fera plus resserrée autour du bûcher, et la tonalité générale beaucoup plus sombre.


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13. Jean Lurçat (1892-1966)
L’Archer, 1927
Trame coton, chaîne laine, tapisserie à
l’aiguille (canevas) - 330 x 210 cm
Angers, Musée Jean Lurçat et de la
tapisserie contemporaine
Photo : Musées d’Angers

Signalons enfin, du début du XXe siècle, l’acquisition de trois œuvres de l’angevin Alexis Mérodack-Jeanneau (Vue du port de Rotterdam, Femme en costume de cirque et Nature morte à la lampe) et, surtout, par le Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, d’une grande tapisserie de Jean Lurçat (ill. 13) préemptée le 27 mai 2014 chez Artcurial Paris pour la somme de 73 700 €. Il s’agit d’une pièce unique, datant de 1927, tissée par Marthe Hennebert, la femme de l’artiste.


Didier Rykner, jeudi 26 février 2015





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