Acquisitions et actualité du Musée Boucher-de-Perthes d’Abbeville


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1. Albert Decamps (1861-1908)
Vue du port d’Abbeville
Huile sur toile - 38 x 55 cm
Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes
Photo : Musée Boucher-de-Perthes
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13/6/17 - Acquisitions - Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes - Trois vues d’Abbeville et de sa région peintes à la fin du XIXe siècle par des artistes de la Somme ont rejoint les collections du Musée Boucher-de-Perthes en 2016.
Le Port d’Abbeville par Albert Decamps a été acquis par les Amis du musée lors de la vente organisée par l’étude de Frédéric Lefranc à Auxerre le 2 octobre dernier (ill. 1). L’association s’est en outre engagée à financer la restauration du tableau et de son cadre. Agathe Jagerschmidt, conservateur, signale que la composition est proche d’une carte postale du XIXe siècle ; cela ne signifie pas forcément que le peintre s’est inspiré de celle-ci puisqu’il est né non loin de là, à Allery, où il revint par la suite à plusieurs reprises.
Ce paysage vient compléter les trois tableaux de l’artiste déjà visibles dans les collections permanentes : l’un, qui fut directement donné par Decamps au musée de la ville, évoque le travail des champs, plus précisément la cueillette des Œillettes disposées en plusieurs tas qui se dressent dans le soleil couchant ; l’autre illustre la formation d’un Apprenti tisserand dans un atelier sombre ; le troisième traduit la piété d’une paysanne en prière, Seule devant un crucifix.
Albert Decamps se forma auprès d’Antoine Vollon qu’il rencontra à Mers-les-Bains ; puis le peintre Harry Thompson (le père) l’invita à Paris où il exposa au Salon des Artistes français entre 1893 et 1908. S’il vécut dans la capitale française, Decamps séjourna régulièrement à Allery et peignit les paysages de Picardie, s’intéressant au monde paysan, à la vie des champs et des villes Après la messe ou Au cimetière, au travail traditionnel évincé par la révolution industrielle.


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2. Louis Braquaval (1854-1919)
Abbeville, Marché Saint-Vulfran
Huile sur toile - 50,2 x 61,5 cm
Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes
Photo : Musée Boucher-de-Perthes
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3. Louis Braquaval (1854-1919)
La Plage du Crotoy
Huile sur toile - 50,5 x 61, 7 cm
Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes
Photo : Musée Boucher-de-Perthes
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Autre artiste à l’honneur : Louis Braquaval, dont deux toiles ont été offertes par un collectionneur et ancien antiquaire d’Angevillers, William Coats. L’une montre le Marché Saint-Vulfran à Abbeville, l’autre La plage du Crotoy (ill. 2 et 3) ; elles pourraient presque résumer l’œuvre de Braquaval, considéré comme le peintre des ciels et des marchés. Autodidacte, il se mit à la peinture sur le tard, après avoir été commissaire-priseur. Il faut dire que la rencontre d’Eugène Boudin, puis d’Edgar Degas aida sa conversion, tous deux lui prodiguèrent leurs conseils. Comme le souligne Robert de La Sizeranne, les ciels de Braquaval évitent l’effet facile des orages ou des couchers de soleil, « nulle fanfare de couleurs, nul entassement de cumulus, mais des symphonies en gris lumineux [...] où les éclats les plus vifs sont des clartés de perles et les ombres les plus noires des reflets de violettes et d’iris1 ». Le musée conservait jusque-là trois paysages de l’artiste, le Champ de blé, Coucher de soleil en baie de Somme et Abbeville, grande rue Notre Dame.
La Plage du Crotoy figurera dans l’exposition d’été consacrée au tourisme balnéaire en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais2.


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4. Musée Boucher-de-Perthes d’Abbeville
Vue des salles beaux-arts en 2014
Photo : Musée Boucher-de-Perthes
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5. Musée Boucher-de-Perthes d’Abbeville
Vue des salles beaux-arts en 2017
Photo : Musée Boucher-de-Perthes
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Reconstruit en 1954 autour du beffroi du XIIIe siècle de l’ancien hôtel de ville, le musée réunit deux collections : celle de l’ancien musée d’Abbeville et du Ponthieu, celle de l’ancien musée Boucher-de-Perthes, Jacques Boucher-de-Perthes étant considéré comme le « Père de la Préhistoire ».
Arrivée à sa tête en décembre 2014, Agathe Jagerschmidt quittera ses fonctions le 16 juin prochain pour rejoindre l’INP en tant qu’adjointe au directeur des études en charge de la formation continue. Pendant deux ans et demi, elle a entrepris de réorganiser les salles d’exposition permanente, en s’attaquant d’abord à la présentation des beaux-arts (ill. 4 et 5), puis à l’ensemble de sculptures abbevilloises autour de 1500, point fort des collections, enfin au XIXe siècle qu’elle a en partie sorti des réserves. Une petite section est consacrée aux représentations de la ville d’Abbeville, presque entièrement détruite en 1940. Le département de l’histoire naturelle a lui aussi été redéployé et la salle d’archéologie en cours de réorganisation devrait être achevée en 2018. Enfin, les réserves sont désormais accessibles aux spécialistes. Le conservateur souligne que le musée a vu sa fréquentation augmenter de 80% depuis 2014. Rappelons pour conclure que jusqu’au 25 juin se tient l’exposition temporaire « Rêver d’Italie, voyager par l’image » qui s’inscrit dans l’événement « Heures italiennes » (voir l’article).

Nous reviendrons dans une prochaine brève sur la nomination du remplaçant d’Agathe Jagerschmidt...


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 13 juin 2017


Notes

1Robert de La Sizeranne, Préface au catalogue de l’exposition des œuvres de M. Louis Braquaval qui s’est tenue du 21 mars au 6 avril à la galerie G. Manoury.

2« La côte se jette à l’eau - le tourisme balnéaire en Hauts de France », Abbeville, Musée Boucher-de-Perthes 12 juillet 2017 - 29 octobre 2017.





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