
1. Lucien Jonas (1880-1947)
Ambruster, étude pour la coupole du musée
Fusain et aquarelle - 63 x 48,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes
24/06/10 - Acquisitions - Valenciennes, Musée des Beaux-Arts - Certains musées, bien qu’ayant des budgets d’acquisition particulièrement faibles, font parfois des achats ou reçoivent des dons ce qui contribue à enrichir, modestement, leurs collections.
Nous n’avons encore jamais évoqué à ce sujet (à une exception près) le Musée des Beaux-Arts de Valenciennes. Voici les œuvres (peintures, dessins et sculptures relevant du champ couvert par La Tribune de l’Art) qui y sont entrées ces dernières années.
En 2005, celui-ci a reçu une importante donation de 114 dessins et d’une huile sur toile de Lucien Jonas de la part de son fils. Nous avions dit un mot du catalogue dans un article recensant plusieurs ouvrages reçus. Nous publions ici quelques-unes de ces feuilles qui poursuivent, dans la première moitié du XXe siècle, la grande tradition des dessinateurs-décorateurs des siècles précédents. Elles préparent des décors valenciennois dont certains ont été détruits lors de la Seconde guerre mondiale : le plafond du théâtre (1911, détruit en 1940), un tableau représentant La Cavalcade des Incas peint pour le parloir du lycée Wallon, (1913, détruit en 1944), la coupole du Musée des Beaux-Arts (1922 ; ill. 1), les décors de l’Hôtel Lefrancq (1922 ; ill. 2 et 3), ceux du Buffet de la Gare (1926, détruits en 1944 ; ill. 4). On y trouve aussi quelques études pour une toile représentant L’Union artistique valenciennoise (détruite).

2. Lucien Jonas (1880-1947)
Esquisse pour le salon de la Maison Lefranq
Fusain, aquarelle et gouache - 47,7 x 62,4 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes

3. Lucien Jonas (1880-1947)
Esquisse (2e idée) pour le salon de la Maison Lefranq
Fusain - 31,3 x 47,9 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes
Toujours en 2005, un dessin de Watteau de Lille, représentant La Bataille des Pyramides (ill. 5), a fait l’objet d’un don anonyme. Il prépare un tableau déjà conservé au musée, datant de 1798-1799 et son pendant Le Siège de Beauvais.

4. Lucien Jonas (1880-1947)
Esquisse pour le panneau 7 du Buffet de la Gare
Fusain, aquarelle et pastel - 47,7 x 63,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes

5. François-Louis-Joseph Watteau,
dit Watteau de Lille (1758-1823)
La Bataille des Pyramides, 1798
Fusain
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes
En 2006, un tableau de Jacob Esselens (ill. 6) a été acheté sur le marché de l’art parisien [1]. L’artiste, dont on ne connaît pas la formation, est surtout connu pour ses marines. L’œuvre acquise par le Musée de Valenciennes est une Halte de chasse qui vient à la fois enrichir le fonds hollandais du musée et montrer l’une des sources possibles des Fêtes galantes dont il peut montrer de multiples exemples.
Egalement en 2006, le 23 mars chez Christie’s Paris, le musée avait acquis une sanguine de Van der Meulen, mais nous en avions déjà parlé en son temps (voir brève du 24/3/06).

6. Jacob Esselens (1626-1687)
Halte de chasse
Huile sur toile - 63 x 87,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : RMN

7. Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)
Frère et sœur, deux orphelins du Siège
Terre cuite - 24,5 x 7,9 x 8,8 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Valenciennes
En 2008 enfin, l’important fonds Jean-Baptiste Carpeaux s’est enrichi d’une petite terre cuite (ill. 7) provenant de l’atelier du sculpteur, acquise auprès de la galerie Talabardon et Gautier. Le sujet est dramatique : après la Commune et sa répression, Carpeaux était revenu de Londres pour s’installer à Paris où il recueillit deux orphelins, un frère et une sœur, victime des événements. L’œuvre représente les deux enfants, la fille portant le jeune garçon dans ses bras tandis qu’elle tend la main (qui a disparu) pour mendier. Il s’agit de la première pensée pour un groupe dont Valenciennes possédait déjà un plâtre patiné terre cuite, offert par la veuve de l’artiste en 1882, constituant une seconde étape dans l’élaboration d’un sujet dont la composition définitive, où le vent fait flotter les cheveux de la sœur sur ses épaules, fut représentée mainte fois en marbre et en bronze, et même en peinture dans un tableau de 1873 appartenant au Musée des Beaux-Arts de Tourcoing.
