
1. Ary Scheffer
La Retraite de Russie, 1826
Crayon, plume, lavis, encre brune - 19 x 25 cm
Edimbourg, National Gallery of Scotland
24/3/05 - Acquisitions - Musées - Le Salon du Dessin a fermé ses portes il y a deux jours. D’autres diront si cette édition a été ou non une réussite commerciale pour les exposants. On se penchera seulement ici sur quelques acquisitions effectuées par les musées, qu’ils soient français ou étrangers.
La plus importante est sans doute celle réalisée par le Musée d’Orsay, que nous ne pouvons malheureusement pas illustrer car il s’agit d’un dessin de Léon Spilliaert, artiste mort en 1946, qui n’est pas encore tombé dans le domaine public1. Cet Autoportrait avec des masques2 est d’une technique extraordinairement sophistiquée. Il date de 1903, alors que Spilliaert avait 22 ans, et s’inscrit pleinement dans le mouvement symboliste, dont le masque est un des éléments iconographique récurrent. Le fini quasi photographique, qui se combine au flou des masques en arrière-plan, lui donne un caractère étrange et inquiétant. Ce dessin a été acquis de la galerie bruxelloise de Patrick Derom.
La National Gallery of Scotland a acheté pour sa part trois œuvres. La première, auprès de Martin Moeller Kunsthandel, est un petit Dessin d’ornement[Plume, encre brune, lavis brun. 11,8 x 14,5 cm.]] de l’école italienne du XVIIe siècle dont nous n’avons pas de reproduction. La deuxième est La Retraite de Russie (ill. 1) par Ary Scheffer, acquise chez la galerie Normand. Ce dessin est préparatoire à une composition datant de 1826 dont une version est conservée au Musée de Dordrecht. L’utilisation allusive et fougueuse du lavis, est caractéristique de l’artiste et l’inscrit parfaitement dans le mouvement romantique. On devine au milieu, légèrement sur la droite, la figure du Maréchal Ney, commandant d’une armée en déroute.

2. Pierre Guérin
L’Aurore et Céphale, 1810
Pierre noire et rehauts de craie blanche - 25,4 x 18,7 cm
Edmbourg, National Gallery of Scotland

3. François Bonvin
Marée basse au Tréport, 1854
Aquarelle - 20,8 x 33,1 cm
Paris, Fondation Custodia

4. Pietro Fancelli
Etude pour un plafond
Crayon, plume, encre brune, lavis - 71 x 49,5 cm
Washington, National Gallery of Art
Troisième dessin pour le musée écossais, provenant de la galerie Terradès, celui de Pierre Guérin3 (1774-1833) représentant Aurore et Céphale (ill. 2). Le tableau original, peint pour le Comte de Sommariva, est aujourd’hui au Louvre, tandis qu’une seconde version, commandée par le prince Youssoupov est conservée au musée Pouchkine. La feuille acquise par Edinburgh est préparatoire à cette dernière et témoigne des recherches de l’artiste pour modifier la position du Céphale, dont Sommariva souhaitait qu’elle soit différente de celle de la composition qu’il avait acquise.
La galerie Antoine Laurentin a vendu à la Fondation Custodia une aquarelle de François Bonvin (1817-1887) représentant une plage du Tréport (ill. 3). Peintre de genre et de nature morte, fortement influencé par la peinture hollandaise du Siècle d’Or, Bonvin ne s’est qu’occasionnellement intéressé au paysage. Cette vue maritime fut exécutée lors du séjour de l’artiste au Tréport en septembre 18544.
La National Gallery de Washington, enfin, a acheté à la galerie new yorkaise Pandora un projet de plafond (ill. 4) par Pietro Fancelli (1764-1850), peintre bolonais au style baroque tardif puisque cette composition, préparatoire au décor d’une des pièces du Palazzo Tanari in Via Riva di Reno à Bologne, date de 1794. Le verso représente une étude de détail pour L’Aurore et l’Automne.
Les ventes à des musées, qu’ils soient français et étrangers, ont évidemment été bien plus nombreuses. Beaucoup ne sont pas encore définitives et il n’est pas encore possible d’en parler.
