18/12/03 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre - La salle d’actualité du département des arts graphiques expose depuis quelques jours un ensemble de 12 dessins de Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832) récemment acquis et préparatoires à l’un de ses plus fameux tableaux, La mort de Virginie.
L’artiste, né à Sainte-Anne en Guadeloupe, était métis, fils d’une esclave noire affranchie et d’un père blanc martiniquais. Il eut une brillante carrière officielle bien qu’il n’ait obtenu que le Second Grand Prix de Rome en 1784 avec le Christ et la Cananéenne [1] : il fut directeur de l’Académie de France à Rome de 1807 à 1816 et entra à l’Institut en 1818. Son tableau Le serment des ancêtres, redécouvert dans la cathédrale de Port-au-Prince en Haïti, a été récemment restauré et exposé au Louvre (en 1998).

1. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832)
Etude d’ensemble pour La Mort de Virginie
Paris, Musée du Louvre

2. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832)
Etude d’ensemble pour La Mort de Virginie
Paris, Musée du Louvre
Peint en 1828 et exposé au Salon de 1831, la Mort de Virginie [2] fut longuement pensé par l’artiste puisqu’au Salon de 1795, il exposait déjà un dessin sur le même sujet. Quatre études d’ensemble (ill. 1 à 4), sept dessins pour la figure de Virginie (ill. 5) et une étude pour la figure du père de Virginie (ill. 6) viennent donc d’enrichir le Musée du Louvre (qui ne conservait jusqu’ici aucune feuille de cet artiste) et témoignent de la complexe élaboration du tableau.

3. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832)
Etude d’ensemble pour La Mort de Virginie
Paris, Musée du Louvre

4. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832)
Etude d’ensemble pour La Mort de Virginie
Paris, Musée du Louvre
De styles variés, on y voit de multiples influences, de Poussin (ill. 1 et 3) à David (ill. 6). Il se dégagea progressivement d’une manière encore très XVIIIe (ill. 2) pour aboutir, dans le tableau achevé, à une composition pleinement néo-classique.
On connaît également une esquisse peinte pour cette composition au Palais des Beaux-Arts de Lille [3]. Le tableau définitif est conservé au Musée du Louvre (temporairement caché par Les noces de Cana de Véronèse).
Lien vers le site du Musée du Louvre (un texte présentant cette acquisition doit y être mis en ligne prochainement)


