Acquisition d’un tableau de Vélazquez par le Musée du Prado


Diego Vélazquez (1599-1660)
Portrait de Michelangelo Augurio, barbier du pape
Huile sur toile - 48,3 x 44,4 cm
Madrid, Musée du Prado

19/11/03 - Acquisition - Madrid, Musée du Prado - Le musée madrilène vient d’acheter, auprès de Wildenstein et pour la somme de 23 millions d’euros, un tableau de Diego Velázquez datant de 1650 et peint lors de son second séjour à Rome. Contemporain du Portrait d’Innocent X (Galleria Doria-Pamphilj) et de celui de Juan de Pareja (New York, Metropolitan Museum), il représente un buste d’homme qui a été identifié comme le portrait de Michelangelo Augurio, barbier du pape [1]. L’œuvre, qui fit partie des collections de Sir Edmund Davis, grand donateur des musées français, est dans un excellent état de conservation.
Cet achat fait l’objet d’une polémique en Espagne, certains regrettant que le Musée n’ait pas acquis un important Goya, Celestine et Maja sur un balcon, vendu récemment 18 millions d’euros à un collectionneur privé espagnol. Le Velázquez serait une œuvre mineure, ce que conteste Miguel Zugaza, le directeur du Prado. Il souligne en outre que le musée n’avait pas eu connaissance de la vente du Goya, qui a fait l’objet d’une transaction privée par l’intermédiaire de Christie’s. Il ajoute que cette dernière toile, déclarée « bien d’intérêt culturel », demeure en Espagne, tandis que le Velázquez vient enrichir le patrimoine du pays. Enfin, il voit dans l’acquisition de ce portrait le signe de l’intérêt du gouvernement de Jose Maria Aznar pour son musée.
Depuis une quinzaine d’années, avec l’acquisition de la collection Thyssen ou l’ouverture du musée de la Reine Sofia, l’Espagne se donne des moyens dignes des pays anglo-saxon pour bâtir des musées et réaliser des acquisitions prestigieuses (la Comtesse de Chinchón de Goya au Prado en 2000).
Dans le récent catalogue des peintures espagnoles du Louvre, Jean-Pierre Cuzin écrivait que l’un des plus beaux espoirs du musée était de faire rentrer un Velázquez. Il s’agit presque d’un rêve utopique compte tenu des prix atteints et du fait qu’il n’en reste presque plus en collection privée, si ce n’est quelques œuvres de jeunesse, sombres et secondaires, comme la petite Tête d’apôtre qui passera en vente à Madrid, le 4 décembre, chez Alcalá.


Didier Rykner, mercredi 19 novembre 2003


Notes

[1] Huile sur toile, 48,3 x 44,4 cm.



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