Acquisition d’un tableau de Court par le Musée de Picardie


4/4/16 – Acquisition – Amiens, Musée de Picardie – Lors de la vente de la collection Forbes chez Osenat les 5 et 6 mars dernier, où de nombreuses préemptions des musées ont eu lieu, le Musée de Picardie s’est enrichi d’une esquisse de Joseph-Désiré Court (ill. 1) grâce aux Amis du Musée de Picardie1. Le « musée Napoléon » est l’actuel Musée de Picardie.


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1. Joseph Désiré Court (1797-1865)
La Commission du musée Napoléon présentant
les plans du musée au couple impérial

Huile sur toile - 57 x 75 cm (esquisse)
Amiens, Musée de Picardie
Photo : Osenat
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2. Joseph Désiré Court (1797-1865)
La Commission du musée Napoléon présentant
les plans du musée au couple impérial

Huile sur toile (toile définitive)
Amiens, Musée de Picardie
Photo : D. R. (domaine public)

Élève de Gros, et prix de Rome en 1821, Court fut peintre d’histoire, mais surtout un portraitiste très prolifique. Ayant travaillé pour Louis-Philippe comme pour Napoléon III, il peignit également de nombreuses scènes d’histoire contemporaine, représentant souvent des cérémonies officielles comme Le duc d’Orléans signant la proclamation de la Lieutenance-Générale du Royaume, Le roi Louis-Philippe remettant les drapeaux à la Garde nationale de Paris ou encore Le Mariage de Léopold Ier, roi des Belges et de la princesse Louise d’Orléans, célébré dans la chapelle du château de Compiègne. L’esquisse acquise par le musée vient y rejoindre le grand tableau qu’elle prépare (ill. 2) et qui y est déjà conservé. On y voit la commission du musée Napoléon, notamment composée de membres de la Société des Antiquaires à l’origine de la création du musée, présenter les plans à l’Empereur et à l’Impératrice. Bien que la composition générale soit déjà trouvée, la toile définitive présente de nombreuse variantes avec cette étude (position des personnages et robe de l’Impératrice notamment). Le Musée de Picardie fut construit sur un terrain donné par Napoléon III, mais le financement fut assuré par des fonds privés récoltés grâce à des loteries. L’architecte, Henri Parent, abandonna avant la fin de la construction et fut remplacé par Arthur-Stanislas Diet2, ce qui n’empêche pas le bâtiment de posséder une vraie unité et de constituer l’un des plus purs exemples de musée construit spécialement pour cette fonction au XIXe siècle3.

L’œuvre s’était vendue en 2004 (chez Daguerre), pour la somme de 9 800 € (sans les frais). Le Musée de Picardie a fait un excellent achat en la préemptant cette fois-ci pour seulement 2 600 € (également sans les frais).


Didier Rykner, lundi 4 avril 2016


Notes

1Précision ajoutée le 5 avril.

3Raison pour laquelle nous avons combattu certains aménagements prévus dans les travaux d’agrandissement, qui ont été heureusement abandonnés (voir nos articles).





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