Achats et dons d’œuvres du XIXe siècle au Musée des Beaux-Arts de Lyon


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1. Jean-Michel Grobon (1770-1853)
Une étude d’arbre, 1810
Huile sur toile - 56 x 46,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

1/7/14 - Acquisitions - Lyon, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Lyon s’est récemment enrichi - outre les œuvres dont nous avions parlé dans la brève du 19/4/14 - de plusieurs tableaux et dessins du XIXe siècle.

Les premières acquisitions sont une suite de l’exposition consacrée en 2010 aux paysages du XIXe siècle provenant d’une collection privée. Trois tableaux ont en effet été achetés par le musée, tandis qu’un quatrième (par Bidauld) lui a été offert par Brigitte et Jacques Gairard.

- Jean-Michel Grobon, Étude d’arbre (ill. 1). Grobon est un artiste lyonnais qui se spécialisa dans le paysage mais peignit peu, préférant finalement se consacrer à l’enseignement comme professeur à l’École centrale de dessin de Lyon. Signé et daté de 1810, ce tableau fut présenté au Salon de 1812 à Paris. Contrairement à la plupart des paysages de l’époque, cette œuvre est davantage naturaliste que néoclassique même si, préparée par un dessin exécuté sur le motif conservé dans une collection privée, elle a probablement été réalisée en atelier. Lyon conservait déjà dix-huit peintures de Grobon. Cette toile est néanmoins importante : il s’agit d’une des rares œuvres qu’il exposa au Salon et elle aurait dû être léguée au musée en 1890 par une descendante du peintre ; mais les exécuteurs testamentaires lui en substituèrent une autre, une erreur désormais réparée.


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2. Paul Flandrin (1811-1902)
Paysage idéal
Huile sur toile - D. 67 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon
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3. Paul Flandrin (1811-1902)
Dans les bois, automne, vers 1853-1855
Huile sur toile - 61 x 44 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

- Paul Flandrin, Paysage idéal et Dans les bois, automne (ill. 2 et 3). Grâce à ces deux paysages, le musée complète avec brio un ensemble qui demeurait curieusement assez réduit d’un des peintres de paysage les plus emblématiques de l’école lyonnaise. Il conservait en effet jusqu’à présent seulement quatre toiles de sa main dont une copie d’une œuvre religieuse de son frère Hippolyte. Si le premier paysage peut être qualifié d’historique (on y voit de petits personnages représentant sans doute une scène mythologique non identifiée), il montre déjà, dans la manière très grasse de représenter les arbres, une évolution de l’artiste vers un style plus naturaliste qui se retrouve pleinement dans le second, peint dans un style plus proche de l’école de Barbizon, une facette jusque là absente des collections.


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4. Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1846)
Vue de Tivoli
Huile sur toile - 27 x 33 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

- Jean-Joseph-Xavier Bidauld, Vue de Tivoli. Cette œuvre était reproduite sur la couverture du catalogue de l’exposition. Elle fait entrer au musée un artiste qui en était jusqu’alors absent bien qu’il se soit formé à Lyon où il a fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts. Cela lui permet désormais de montrer un exemple particulièrement réussi de paysage néoclassique peint par un français en Italie.

Trois œuvres ont par ailleurs été offertes au musée :

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5. Pierre Revoil (1776-1842)
Scène de promenade sur un boulevard parisien, 1796-1797
Plume et encre brune - 21,5 x 32,2 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

- Pierre Revoil, Scène de promenade sur un boulevard parisien. Il s’agit d’un don de la galerie de Bayser à l’occasion de l’achat par Lyon du tableau d’Ingres L’Arétin et l’envoyé de Charles-Quint (voir la brève du 24/12/12). Si Revoil est actuellement mis à l’honneur par le musée dans l’exposition toujours en cours intitulée L’invention du passé, ce dessin n’est pas dans la veine troubadour à laquelle il est d’ordinaire associé. Cette scène de promenade parisienne se situe au moment où il fréquente l’atelier David. Le style n’est d’ailleurs pas très éloigné de celui de son maître tandis que ce type de représentation évoque également Boilly. Lyon ne conservait jusqu’à présent aucune scène contemporaine de Revoil.

- Hippolyte Flandrin, Portrait du bâtonnier Gustave Louis Chaix d’Est-Ange. Il s’agit d’un important portrait en pied présenté par Flandrin au Salon de 1845 (où il n’eut pas l’heur de plaire à Baudelaire) et dont la localisation était perdue. Il vient d’être offert au musée par M. et Mme Jean-Baptiste de Proyart qui descendent du modèle. Celui-ci fut notamment l’avocat au procès des quatre sergents de La Rochelle. Il était également collectionneur et une partie des œuvres qu’il possédait furent léguées au Musée de l’Hôtel Sandelin à Saint-Omer par sa petite fille. Le tableau, solennel, est austère mais montre bien les qualités du peintre dans ses portraits d’apparat dont le plus connu est celui de Napoléon III.


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6. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Portrait du bâtonnier Gustave-Louis
Chaix d’Est-Ange
, 1844
Huile sur toile - 180 x 120 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon
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7. Auguste Morisot (1857-1951)
Autoportrait, 1885
Fusain, pastel, crayon noir, aquarelle,
craie blanche - 45,5 x 36,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

- Auguste Morisot, Autoportrait. Ce dessin magistral avait été présenté à l’exposition dédiée à cet artiste et dont nous avions rendu compte ici-même. Il a été offert en 2013 par son propriétaire Paul Gauzit, qui l’avait reçu en don de l’arrière-petite-fille de l’artiste. Cette œuvre vient ainsi compléter l’important ensemble de Morisot que le Musée des Beaux-Arts de Lyon a réussi à constituer ces dernières années.


Didier Rykner, mardi 1er juillet 2014





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