Achat d’un tableau d’Antoine Rivalz par le Musée des Augustins de Toulouse


1. Antoine Rivalz (1667-1735)
Saint Michel terrassant les anges rebelles
Huile sur toile - 170 x 130 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : D. R.

20/12/08 – Acquisitions – Toulouse, Musée des Augustins – Le 12 décembre dernier, à Drouot (vente Cornette de Saint Cyr SVV), le musée toulousain a préempté, pour la somme de 92 040 € (frais compris), une toile du peintre toulousain Antoine Rivalz représentant Saint Michel terrassant les anges rebelles (ill. 1).

Pour remplacer la Résurrection de Lazare de Sebastiano del Piombo (Londres, National Gallery), donnée par l’archevêque de Narbonne René-François de Beauvau au Régent Philippe d’Orléans, une toile représentant la chute des anges rebelles avait été commandée à Rivalz. Elle fut mise en place vers 1727 dans la cathédrale de Narbonne où elle est toujours conservée [1]. L’œuvre acquise par Toulouse est soit une esquisse comme le pense Jean Penent, soit plutôt, selon Axel Hemery, conservateur au Musée des Augustins, une réplique autographe exécutée après le tableau de Narbonne. Ses dimensions (170 x 130 cm) semblent trop importantes pour une esquisse, même pour un modello, et il pourrait s’agir plutôt d’une commande pour un retable d’une chapelle privée. Les différences avec le grand tableau sont peu importantes. Deux dessins très aboutis de la même composition sont connus. L’un, à la pierre noire, au lavis brun et rehaussé de gouache blanche [2], l’autre à la sanguine et rehauts de blanc, mis au carreau, est selon Jean Penent plutôt un ricordo3. Ces deux feuilles sont conservées au Musée Paul-Dupuy. Le Musée des Augustins conserve également l’Autoportrait de l’artiste (ill. 2) où il s’est représenté en train de dessiner cette composition.

2. Antoine Rivalz (1667-1735)
Autoportrait avec le dessin de
Saint Michel terrassant les anges rebelles
Huile sur toile - 83 x 64 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins



3. Nicolas-Didier Boguet (1755-1839)
Paysage dans la campagne romaine
Huie sur toile - 92,7 x 130,2 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins

L’œuvre peut être rapprochée du projet de Charles Le Brun pour le plafond de la chapelle de Versailles, qui ne fut finalement jamais réalisé mais dont la composition est connue par une esquisse du Musée des Beaux-Arts de Dijon et par une gravure d’Alexis Loir. Rivalz avait déjà exécuté en 1694, pendant son séjour romain, un grand dessin (126 x 73,5 cm) d’un sujet comparable, Jupiter foudroyant les Titans [3] (Rome, Académie de Saint Luc).

Il y a quelques mois, le musée des Augustins avait également acheté, sur le marché parisien (galerie Teissèdre), un paysage (ill. 2) par Nicolas-Didier Boguet, artiste français qui passa toute sa vie en Italie. Cette toile présente la particularité d’être inachevée, la composition étant uniquement dessinée au crayon en bas et à gauche. Elle était passée en vente chez Sotheby’s New York le 26 janvier 2007 comme seulement « attribuée à Nicolas-Didier Boguet ».

English version


Didier Rykner, samedi 20 décembre 2008


Notes

[1] Voir Jean Penent, Antoine Rivalz 1667-1735. Le Romain de Toulouse, Editions Somogy, 2004, p. 92-95 et p. 249-252. Jean Penent dirige le Musée Paul-Dupuy qui conserve la collection de dessins de la ville de Toulouse.

[2] Voir op. cit. note 1, cat. 502.

[3] Voir op. cit. note 1, cat. 506.



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