A propos d’un nouveau salon : interview de Maurizio Canesso et Bertrand Gautier


Maurizio Canesso est le président de Paris Tableav, le nouveau salon consacré à la peinture ancienne dont la première édition aura lieu en novembre 2011. Bertrand Gautier est en charge de la communication sur cet événement.



Pourquoi créer un nouveau Salon à Paris ?

Bertrand Gautier : L’idée est née d’un constat : il n’y a pas de salon consacré uniquement à la peinture ancienne. Or, il est de plus en plus difficile de faire venir les gens dans les galeries, et les salons sont un moyen essentiel pour nous faire connaître et pour rencontrer de nouveaux clients. Notre métier de galeristes et de marchands de tableaux est finalement mal connu. Il fallait que l’on puisse s’exprimer, faire comprendre notre activité, communiquer sur des œuvres, pas sur des prix records comme on peut le voir souvent dans les ventes aux enchères. Ce nouveau salon est la réponse à cette problématique.

Maurizio Canesso : Ce ne sera pas un salon généraliste. Il sera uniquement dédié à notre profession. Il parlera de nous, de la manière dont nous nous positionnons sur le marché, de nos recherches, de nos trouvailles. Cela nous permettra de communiquer sur le travail que l’on fait dans nos galeries.

Est-ce que le XIXe siècle fait partie de la peinture ancienne ?

BG : Nous irons jusqu’à 1850 environ. En gros, nous nous arrêtons avant l’Impressionnisme qui correspond à un marché différent. Dans la plupart des manifestations, la peinture ancienne est un peu noyée. Nous voulons la mettre au cœur de ce salon.

Un salon consacré uniquement à la peinture fait immanquablement penser au Salon du Dessin.

BG : Bien sûr, mais pas uniquement : le mois de la photo est devenu une référence mondiale dans son domaine. Et le Salon du dessin a montré qu’un salon spécialisé de haut niveau pouvait fonctionner et que les clients l’appréciaient.

MC : Nous nous inspirons du Salon du dessin car celui-ci est une vraie réussite. Il est parvenu à dynamiser le marché du dessin. La peinture mérite un événement comparable.

Le Salon aura lieu l’année prochaine en novembre. Cependant vous organisez déjà un événement le 16 décembre prochain ?

BG : Le 16 décembre, nous allons présenter en avant première cette manifestation à un public de professionnels : le détail du Salon, la maquette et la manière dont il se déroulera. Chaque galeriste se présentera et montrera un ou deux tableaux qui correspondent à sa personnalité, à ses choix. Il faut faire comprendre aux gens que son travail est de sélectionner les œuvres, de choisir ce qui correspond au meilleur de ce qu’il défend.

Concrètement, comment s’organisera ce Salon ?

MC : Le Salon aura lieu à la Bourse, du 3 au 8 novembre 2011. Nous serons vingt en tout, les dix fondateurs1, plus dix autres marchands. Il y aura un roulement chaque année.

BG : Les espaces seront quasiment identiques pour chaque exposant : entre 35 et 40 m2, les stands seront tirés au sort. Ce sera un parcours à taille humaine. Il est important qu’en deux ou trois heures les visiteurs puissent avoir vu l’essentiel de ce que peut proposer le marché. Lorsque l’on participe à une grande manifestation, il faut attirer tout de suite l’attention d’un client potentiel qui est extrêmement sollicité. On est donc obligé, comme pour les émissions en prime time, de montrer ce que tout le monde attend. Un salon comme celui-ci au contraire va nous permettre d’être nous même, de présenter ce à quoi on croit et qui n’est pas forcément le plus évident. Les gens auront la possibilité de tout voir.

Vous parliez aussi d’une semaine de la peinture ?

BG : Nous allons organiser un programme autour du Salon. Nous voulons jouer la synergie avec ce qu’offre Paris, avec son réseau de galeries, avec ses musées et ses institutions. Paris est un des rares endroits où on peut faire ça. Il s’agira d’une semaine de fête.

MC : Nous préparons un partenariat avec des musées. Il devrait y avoir des expositions-dossiers sur des tableaux. L’objectif est bien de donner un sens aux objets.

Quelle image du marchand souhaitez-vous que l’on retienne à travers ce salon ?

MC : Un marchand est là pour transmettre son expérience. Nous sommes les premiers acheteurs d’un tableau. Nous le gardons, contrairement aux intermédiaires. Nous vivons avec les tableaux. Nous faisons des recherches, nous les restaurons, nous les situons par rapport à notre expérience. Un marchand, après vingt ou trente ans de carrière, a acquis des œuvres, les a exposées, a affiné ses recherches, c’est cette expérience que nous transmettons à l’acheteur. C’est tout cela que nous voulons expliquer avec ce salon.

BG : Nous voulons montrer que nous partageons la même conception de ce métier, la même déontologie, même si nous n’avons pas tous les mêmes goûts. Ce sera divers et donc tonique.

Propos recueillis par Didier Rykner

Site du Salon de la peinture ancienne à Paris


La Tribune de l’Art, mercredi 1er décembre 2010


Notes

1. Les fondateurs du Salon sont : Hervé Aaron, Maurizio Canesso, Eric Coatalem, Bertrand Gautier et Bertrand Talabardon, Bob Haboldt, Jean-François Heim, Georges de Jonckheere, Jacques Leegenhoek, Giovanni Sarti, Claude Vittet.



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