À Fontainebleau, une technique révolutionnaire de restauration des tissus Contenu abonnés


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1. Salon de l’Impératrice
Fontainebleau, château de Fontainebleau
Photo : Didier Rykner

8/10/14 - Restauration - Fontainebleau, château - Alors qu’à Compiègne un colloque international (dont nous rendrons compte) se consacre à la question de l’authenticité dans les demeures historiques, le château de Fontainebleau, sur l’idée de Vincent Cochet, son conservateur notamment en charge des textiles, mène une opération très originale de restauration de tissus mobiliers, qui devrait incontestablement faire école et être systématiquement utilisée. Ses avantages sont en effet multiples comme nous le verrons.

Cette opération se déroule dans le grand salon de l’Impératrice (ill. 1), une pièce dont l’histoire est à elle seule un défi lancé à tous les amateurs de reconstitutions. Qu’on en juge : les aménagements datent de 1808-1809, avec un décor textile réalisé par Michel-Jacques Boulard, le tapissier de l’Impératrice. Le mobilier, de Jacob-Desmalter, est de la même époque et recouvert du même tissu brodé. Sous le Second Empire, les broderies ornant les murs ont été enlevées et installées dans une autre pièce du château, et le décor a été refait, notamment en ajoutant des miroirs et des boiseries. En 1907, nouveau bouleversement : le tissu exilé est remis en place, mais le compartimentage ayant été modifié par le réaménagement du Second Empire, un seul motif (sur les deux existant à l’origine) est réinstallé. Le second motif de broderie représentait un panier de fleurs très exubérant (une partie a été conservée en réserves). Le mobilier, en revanche, est resté en place. On se trouve donc dans un état mi-Premier Empire, mi-Second Empire, créé en 1907. Mais il est évidemment impossible de détruire les boiseries et les miroirs Napoléon III comme il serait absurde de remplacer le tissu existant. Et on est à Fontainebleau, pas dans un château où règnent le faux et les reconstitutions.



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