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Oleg Neverov, Emmanuel Ducamp, Grandes collections de la Russie impériale, Flammarion, 254 p., 65 €, ISBN : 2-08011-341-0
L'histoire des collections russes est largement ignorée en France, même si certains noms sont familiers, tels ceux de Youssoupov, de Stroganov ou du comte Chouvalov au XVIIIe siècle (plus d'ailleurs comme amants de Catherine II que comme collectionneurs) ou celui de Mikhaïl Morozov pour avoir été l'un des premiers à acheter des Gauguin et des Van Gogh. Entre le XVIIIe siècle et la fin du XIXe, le nombre de collectionneurs ne diminua pas, souvent industriels, diplomates ou fonctionnaires de l'Empire. Paul Tretiakov, le fondateur de la galerie éponyme, eut un prédécesseur en la personne de Vassili Kokorev dont l'importante collection, après avoir été présentée pendant quelques années au public, fut dispersée aux enchères. Les œuvres du Moyen-Age et de la Renaissance d'Alexandre Basilevski, longtemps conservées rue Blanche, à Paris, dans l'hôtel particulier du collectionneur, étaient visibles chaque vendredi par ceux qui le souhaitaient, et furent montrées à l'Exposition Universelle de 1878. Elle font « aujourd'hui l'orgueil du département d'art occidental de l'Ermitage ». Tout cela est conté par ce beau livre, remarquablement illustré, qui s'attache à l'histoire de ces russes, aux moyens immenses et au goût très sûr, qui permirent à l'Ermitage - beaucoup de ces collections furent acquises en bloc par Catherine II et Nicolas Ier - de devenir l'un des plus importants musées du monde.
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