Parce que le ténébrisme du début du XVIIe
siècle était un art du peuple et non pas un art de Cour, il a pu produire,
dans de petites villes et hors des capitales artistiques habituelles, des
peintres réalistes appréciés aujourd’hui pour leur sincérité rustique
comme par exemple Guy François, les Tassel, Josefa de
Óbidos, et certains
peintres lombards, de Séville, ou des Marches. Désormais le nom d’Urbano Fos
sera à mettre sur cette liste grâce à la rétrospective organisée au
printemps 2003 au musée de Castellón de la Plana, à quelques dizaines de
kilomètres de Valence en Espagne, par Ferran Olucha Montins et Fernando Benito
Doménech. Depuis 25 ans, ces deux spécialistes ont donné à des revues
locales nombre de publications sur des documents ou de nouvelles attributions
concernant cet artiste (plusieurs de ses tableaux étaient, au début du XX e
siècle, attribués à Ribalta).
Le catalogue de l’exposition propose donc une synthèse qui, pour beaucoup, sera une première découverte et fait office de monographie puisque la vingtaine de ses tableaux connus est reproduite en couleur (plus un autre de son école, la Vierge de Vicente Gozalbo). Assez brève, l’introduction générale ne prend en compte, par prudence, que les documents d’archives avérés, généralement des contrats, ce qui empêche les auteurs de parler de la formation ou d’éventuels voyages du peintre hors des environs de Valence. Certes, l’art d’Urbano Fos procède essentiellement des deux Ribalta, de Espinosa et de Orrente, mais cela ne permet pas d'expliquer complètement la clarté, la sérénité de ses compositions, ni même les échappées de paysages aux maisons délabrées qui font parfois penser aux Le Nain. Les notices des œuvres sont plus fouillées. Le fait que ses quatre meilleurs retables soient autant de représentations différentes de saint Roch montre bien les ravages de la peste en ce début du XVIIe. Les recherches sur l’art des XVIIe et XVIIIe siècles en Catalogne sont encore balbutiantes car les historiens les ont longtemps focalisées sur les périodes romane, gothique ou autour de Picasso, Miró et Dali. On peut désirer, après la communauté valencienne, que d’autres publications couvrent l’époque baroque à Barcelone1, Gérone ou même Perpignan2.
Michel de Piles
(mis en ligne le 16 janvier 2004)
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Attribué à Urbano Fos
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Post-scriptum : Le musée d’Orléans possède, à coté du Saint Thomas de Vélasquez, un tableau représentant
Saint François recevant les stigmate3 (ill.). Bien que non cité dans le catalogue, l'attribution à Urbano Fos proposée par Claudie Ressort a été confirmée par Fernando Benito Doménech. (Remerciements à Pierre Curie qui a nous a signalé ce tableau et à Eric Pagliano qui nous a renseigné).1. Quelques articles ponctuels
dans le Butlleti del Museu Nacional d'Art de Catalunya.
2. Citons les travaux universitaires en cours de
Jordi Sureda sur les Guerra, de Julien Lugand sur les Guerra et les autres
ateliers roussillonnais. En décembre dernier, la Thèse d’Etat d’Ariane
James a apporté de très nombreux éléments inédits sur la jeunesse et la
formation de Hyacinthe Rigaud à Perpignan.
3. Huile sur toile. 145 x 97 cm.
Don
Pilté-Grenet en 1833, inv. 1559
L'exposition vient d'être reprise au Museo de Bellas Artes de Valence, jusqu'au 9 janvier 2005.
Urbano Fos, pintor (h. 1615-1658). L'exposition a eu lieu du 13 mars au 15 juin 2003 au Museu de Belles Artes de Castelló, Castelló. Catalogue bilingue en castillan et catalan, commissaires : Fernando Benito Doménech et Ferran Olucha Montins, 18 €. ISBN : 84-482-3439-1
Deux sites sur l’artiste :
http://www.gva.es/museo/ribal6.htm
http://www.culturalcas.com/noticia.asp?ID=292
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