LETTRE D'INFORMATION
Chaque semaine,
soyez informé des nouveautés

ABONNEZ-VOUS

Catalogue livres d'histoire de l'art

LIVRES PROPOSES EN
PARTENARIAT AVEC
DESSIN ORIGINAL

 
Accueil
Editorial
Brèves
Expositions
Publications
Musées
Patrimoine
Débats
Acquisitions
Etudes
Artistes
Liens
Calendrier des expositions
Colloques
Courrier
Annonces
Archives
Nouvelles mises à jour
Contact
 

Interview de Guilhem Scherf dans le cadre des Rencontres du Salon du Dessin



Tous les ans, la Société du Salon du Dessin organise un colloque consacré au dessin. Ceux de 2008 et de 2009 porteront sur les dessins de sculpteurs. Nous avons rencontré Guilhem Scherf, conservateur en chef au département des Sculptures du musée du Louvre, qui a pris en charge l’organisation scientifique de ces rencontres.

Quel est le fil conducteur de ces colloques ?

L’idée, qui revient à Pierre Rosenberg, est de s’interroger sur ce qu’est un dessin de sculpteur. Existe-t-il une spécificité du dessin de sculpteur, qui permette de l’identifier comme tel ? C’est une problématique complexe : il faut distinguer les dessins préparatoires à une sculpture, et ceux qui sont totalement indépendants d’un projet sculpté. Beaucoup de sculpteurs ont dessiné des œuvres qui n’avaient pas pour finalité une sculpture, par exemple Vassé, Boichot, Gois ou Rodin… Il y a aussi des artistes n’ayant jamais sculpté qui ont dessiné et peint des sculptures, comme parties intégrantes d’un tableau : on peut citer Watteau, Boucher, Fragonard, Boilly…. Il arrive souvent qu’on me montre des dessins de sculptures qui n’ont pas été réalisées par des sculpteurs. D’autre part, le dessin, à la base de toute formation académique, a servi à de nombreux sculpteurs pour relier leur art à des disciplines diverses : l’architecture, l’orfèvrerie… Les deux colloques examineront tous ces cas.

Il se déroule sur deux années. Y-aura-t-il à chaque fois des thèmes spécifiques ?

Nous avons refusé la facilité qui aurait consisté à séparer chronologiquement les deux années, en traitant par exemple les dessins anciens la première année, et en 2009 les XIXe et XXe siècles. Rappelons que ce colloque est destiné d’abord aux visiteurs du Salon du Dessin, et qu'il faut que tous les intérêts soient satisfaits à chaque fois.

Comment avez-vous choisi les intervenants ?

Ils viennent de tous les horizons. Ces colloques confirment que la Semaine du Dessin met tous les amateurs de dessin la main dans la main. Les intervenants sont des historiens de l’art indépendants, comme Jennifer Montagu du Warburg Institute et John Kenworthy Browne qui parleront respectivement de Maini et de Nollekens, d’autres viennent des musées comme Geneviève Bresc-Bautier (Louvre), Edouard Papet (Orsay), Brigitte Leal (musée d’art moderne), Bernhard Maaz (Nationalgalerie de Berlin) et de l’université (Paul Joannides, Peter Fuhring, Erika Naginski) ;  l’INHA est représenté par Antoinette Le Normand-Romain ; deux jeunes doctorants feront des communications sur Bouchardon. Comme vous voyez, le panel est assez large.

Les actes du colloque vont être publiés, comme les années précédentes ?

Bien sûr. Il faut d’ailleurs souligner le vrai effort financier réalisé par la Société du Salon du Dessin à cette occasion. La publication aura lieu très rapidement, puisque le volume reprenant les communications de cette année paraîtra en décembre. Il est sous ma responsabilité, et Cordelia Hattori coordonnera l’édition. On peut d’ailleurs signaler que le volume correspondant au colloque de l’année dernière vient de sortir.

Quel sera le programme de 2009 ?

C’est encore trop tôt pour le dire, mais il y aura davantage d’études consacrées aux artistes italiens.

Pour conclure, il semble qu’un projet, qui consistait à élaborer un répertoire des dessins de sculpteurs conservés dans les musées de province et de le publier dans le volume des actes ait été abandonné.

Oui, nous en avions eu l’idée, mais cela semble difficile de faire un répertoire car cela demanderait un travail trop important pour les musées, notamment en province, qui n’ont pas toujours le temps. Si c’est pour publier ce qu’on connaît déjà, c’est moins intéressant. Un répertoire signifierait d’identifier qu’un dessin est un dessin de sculpteur s’il est anonyme, ce qui n’est pas simple. Et pour les autres dessins, il faut être certain si tel artiste est bien un sculpteur, ce qui n’est pas évident pour ceux qui sont peu connus. Le travail de vérification serait assez considérable pour le XIXe siècle. Tout est possible, naturellement, mais dans l’immédiat et dans le contexte des Rencontres du Salon du Dessin, le projet a été abandonné.

Propos recueillis par Didier Rykner
(mis en ligne le 28 mars 2008)