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Dictionary of pastellists before 1800
Auteur : Neil Jeffares
Le pastel fut la technique d'un siècle, le XVIIIe et d'un genre, le portrait. Le remarquable ouvrage de Neil Jeffares, qui répertorie l'ensemble des pastellistes antérieurs au XIXe témoigne abondamment de l'écrasante majorité de la production du Siècle des Lumières dans ce domaine. Mais le propos de ce dictionnaire est plus large : tous les artistes dont un pastel au moins est répertorié, qu'il s'agisse d'une simple mention en archives ou dans un catalogue de vente, y figurent. Cette exhaustivité et les illustrations nombreuses et de qualité, en font toute la richesse.
La distinction entre le pastel et certaines techniques mixtes n'est pas toujours très nette. On trouvera dans ce dictionnaire, pour mémoire, certains artistes dont les œuvres sont ambiguës. Ainsi, par exemple, Lagneau (voir article) se contente de rehausser certains dessins exécutés à la craie (sanguine et pierre noire) en utilisant l'estompe ce qui donne un résultat proche du pastel, même s'il n'en relève pas, stricto sensu. Une entrée sommaire lui est cependant consacrée, qui se contente d'expliciter ce point de technique et de renvoyer à la bibliographie la plus récente.
Les pastellistes authentiques, ceux qui ont consacré une grande partie, voire l'essentiel de leur carrière à cette technique, font l'objet de véritables monographies. Toutes les œuvres connues ou citées sont répertoriées, leur biographie est développée, ils bénéficient d'une bibliographie très complète et d'un nombre impressionnant de reproductions. Qu'on en juge : près de 400 photos pour Rosalba Carriera, sur 32 pages, 300 photos pour Maurice Quentin de La Tour sur 40 pages, et autant pour John Russel sur 32 pages... Pour d'autres artistes moins célèbres, il s'agit du seul livre récent qui donne une image complète de leur œuvre connu de pastelliste (Simon Bernard Lenoir, Jean Valade, Louis-René Vialy, Frédou de la Brétonnière, Louis Marteau et bien d'autres).
Le seul point faible du livre concerne les artistes italiens des XVIe et des XVIIe siècles. Il est louable d'avoir voulu les inclure dans ce dictionnaire, bien que leurs pastels soient rares et souvent anecdotiques. Sur le modèle de Lagneau, des mentions courtes suffisaient donc avec un renvoi à la bibliographie récente. Or, bien souvent, les seules références données sont le Bénézit et le Saur, ce qui est un peu limité. On ne consultera pas ce livre pour en savoir plus sur Cristofano Allori, Giulio Romano ou Carlo Francesco Nuvolone, ce qui n'est toutefois pas bien grave car ce n'était pas son ambition.
De nombreuses annexes apportent les compléments indispensables. Les Salons où ont figuré des portraits sont tous répertoriés, et les œuvres exposées sont citées ; pour ceux n'ayant pas eu de livrets publiés, l'auteur a poussé l'étude jusqu'à reconstituer une liste à partir des témoignages contemporains. Un index des modèles constitue un outil iconographique remarquable pour les historiens travaillant sur le XVIIIe siècle.
Le dictionnaire des pastellistes est donc une somme comme on en voit peu, un ouvrage absolument indispensable, pour les historiens d'art comme pour les marchands et les collectionneurs. Pour paraphraser Pierre Rosenberg1, auteur de la préface, il faudra parler désormais du Jeffares, comme on dit le Thieme-Becker, le Bellier-Auvray ou le Lugt...
Didier Rykner
(mis en ligne le 20 septembre 2006)
1. Dans son texte d'introduction au Dictionnaire des artistes exposant dans les Salons des 17è et 18è siècles, Pierre Rosenberg disait que celui-ci serait à l'avenir appelé le Sanchez.
Neil Jeffares, préface de Pierre Rosenberg, Dictionary of pastellists before 1800, Unicorn Press, 760 p. 185 €. ISBN : 0-906290-86-4
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