(Voir la nouvelle brève du 15 mars : Le Conseil des Ministres italien exclut les biens patrimoniaux de la loi "silence-autorisation")
Avec
plus de 4.000 musées, 6.000 sites et monuments archéologiques, 40.000 demeures
historiques et 100.000 églises, l’Italie est le pays qui possède le plus
grand nombre de monuments historiques. Or, une longue suite de nouvelles lois
soumet depuis une dizaine d’années cette richesse patrimoniale – qui
concerne tout autant la nation italienne que l’Europe et le monde – à des
mesures favorisant la libre
entreprise, le progressif retrait de la tutelle étatique et la disponibilité
économique des biens patrimoniaux. Le projet de loi « silenzio-assenso »
(silence = autorisation), susceptible d’être bientôt approuvé, pourrait en
être
Or,
cette loi pose problème car il semblerait qu’elle ne tienne pas compte de la
spécificité des cas impliquant les biens patrimoniaux. Les discussions sont en
cours, et les ambivalences demeurent : les discours du Président du Conseil,
particulièrement entreprenants, ceux de Mario Baccini, encore relativement imprécis,
divergent avec ceux du ministre de
Des
juristes, ainsi que Salvatore Settis, ont souligné que le principe du
silence-autorisation, destiné à faciliter les démarches du citoyen et à
dynamiser la vie économique, deviendrait en fait plus forte qu'un des
premiers articles de la Constitution italienne, l'article 9, sur la protection
nationale des monuments historiques (« La République soutient le développement
de la culture et de la recherche scientifique et technique. Elle a sous sa
tutelle les paysages et le patrimoine historique et artistique de la Nation »).
En d’autres termes, la libre initiative et le principe de la propriété
passeraient avant l'inaliénabilité et la protection des monuments historiques.
Cette loi a provoqué une levée de boucliers de la part des écologistes
italiens, de Legambiente, d’Italia Nostra (organismes veillant à la
protection du patrimoine et de l’environnement italiens), de WWF et de
Salvatore Settis, directeur de
Nora Philippe
(mis en ligne le 7 mars 2005)
Pour protester auprès du
gouvernement italien, vous pouvez signer la pétition en ligne initiée par Patrimoniosos,
association pour la défense des biens culturels italiens, dont le lien vers le
site Internet se trouve ci-dessous.
Il suffit d'envoyer un mail à patrimoniosos@patrimoniosos.it
en spécifiant le sujet « Adesione all'appello contro l'estensione della DIA »1
et en indiquant dans le texte du message au moins le nom, le prénom et
éventuellement la profession.
1. DIA signifie Dichiarazione di inizio di attivtà, c'est-à-dire déclaration de début de travaux.
Voir la nouvelle brève du 15 mars : Le Conseil des Ministres italien exclut les biens patrimoniaux de la loi "silence-autorisation"
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