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La Mort de la Vierge de Nicolas Poussin restaurée

30/08/05 - Restauration - Belgique, Bruxelles (Sterrebeek) - Pierre-Yves Kairis, dans la Revue de l'Art n° 128, en 2000, avait créé la sensation en révélant sa découverte du tableau de Nicolas Poussin La Mort de la Vierge, tableau peint pour Notre-Dame de Paris, envoyé au musée de Bruxelles en 1802 et disparu depuis 1815 environ. C'est dans une église de la banlieue de la capitale belge que se cachait l'œuvre, importante à plus d'un titre puisqu'il s'agit d'un grand tableau d'autel, genre peu pratiqué par l'artiste, et surtout parce qu'il la peignit à Paris, en 1623, avant de partir l'année suivante pour Rome. La Mort de la Vierge est donc un jalon essentiel pour la connaissance du peintre dont aucun tableau certain de la période parisienne n'était connu jusque là1.

Nicolas Poussin - La Mort de la Vierge (avant restauration) - Sterrebeek, église Saint-Pancrace
1. Nicolas Poussin
La Mort de la Vierge, 1623
Avant restauration
Huile sur toile - 203 x 138 cm
Sterrebeek, église Saint-Pancrace
Photo : IRPA-KIK
Nicolas Poussin - La Mort de la Vierge (après restauration) - Sterrebeek, église Saint-Pancrace
2. Nicolas Poussin
La Mort de la Vierge, 1623
Après restauration
Huile sur toile - 203 x 138 cm
Sterrebeek, église Saint-Pancrace
Photo : IRPA-KIK

   Cinq ans plus tard l'œuvre, malheureusement assez usée, est enfin restaurée (ill. 1 et 2), et sera en définitive réaccrochée là où elle a été trouvée, au dessus d'un confessionnal2 (ill. 3). Elle sera avant celà exposée pendant deux jours, à l'occasion des journées du patrimoine, à l'Institut Royal du Patrimoine Artistique, les 17 et 18 septembre 2005, ce qui sera l'occasion de la voir dans de bonnes conditions.

Nicolas Poussin - La Mort de la Vierge à l'emplacement de sa découverte dans l'église Saint-Pancrace
3. Nicolas Poussin
La Mort de la Vierge à
l'emplacement de sa découverte
dans l'église Saint-Pancrace

1. Un Saint Denis du Musée des Beaux-Arts de Rouen a été attribué à Poussin (avant Rome) sur la foi d'une mention lors de sa saisie à la Révolution. Sur ce tableau, on pourra se reporter à Philippe Malgouyres, Peintures françaises du XVIIe siècle. La collection du musée des Beaux-Arts de Rouen, Somogy, Editions d'Art, Paris, 2000, pp. 158-160, qui fait le point sur la question et cite la bibliographie antérieure. Une composition représentant Saint Denis effrayant ses bourreaux avec sa tête (plusieurs exemplaires connus dont l'un conservé à l'Abbaye Notre-Dame à La Meilleraye) est également parfois attribuée à cette période de l'activité de Poussin.
2. Il est certainement dommage que ce tableau n'ait pas pu rejoindre les collections des Musées Royaux de Bruxelles, ce qui aurait permis de le rendre plus accessible. Le principe d'une conservation in situ des œuvres d'église est en général souhaitable, mais l'importance de celui-ci et le fait qu'il ne se trouve dans cette église que par hasard aurait pu justifier l'exception à la règle.

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