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Acquisitions, expositions, nouveaux projets : le Musée d’ Oviedo fête ses 25 ans

Domenico Theotokopoulos, dit Le Greco - Saint Pierre - Oviedo; Museo de Bellas Artes de Asturias
1. Domenico Theotokopoulos, dit Le Greco
Saint Pierre
Huile sur toile - 70 x 52,8 cm
Oviedo; Museo de Bellas Artes de Asturias
© Museo de Bellas Artes de Asturias

23/6/05 - Acquisitions - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias - Créé dans la foulée de la loi de décentralisation espagnole de 1979, le musée des Asturies a ouvert ses portes le 19 mai 1980 dans le palais de Verlarde, à deux pas de la Cathédrale d’Oviedo. Stimulé par la concurrence des institutions très médiatisées du Pays Basque proche, son cas est exemplaire de la transformation radicale des musées espagnols depuis 25 ans, de leurs mises au niveau européen. L’établissement, dirigé par José Antonio Fernandez-Castañon et par Emillio Vallaure, relève à la fois de la Principauté des Asturies et de la municipalité d’Oviedo. A son inauguration, il présentait 78 œuvres provenant de plusieurs petits fonds anciens1 et a mené depuis une ambitieuse politique d’expositions et d’acquisitions. Comme toute collection de capitale de région, celle-ci se doit d’être à la fois généraliste, allant de l’archéologie à l’art d’aujourd’hui, de montrer l’histoire de la peinture espagnole et de représenter les artistes locaux de façon significative.

Domenico Theotokopoulos, dit Le Greco - Saint Matthieu - Oviedo; Museo de Bellas Artes de Asturias
2. Domenico Theotokopoulos, dit Le Greco
Saint Matthieu
Huile sur toile - 70 x 52,8 cm
Oviedo Museo de Bellas Artes de Asturias
© Museo de Bellas Artes de Asturias

   Aujourd’hui, le musée possède des sections d'objets d'arts décoratifs, d'arts graphiques et de photographies, une importante bibliothèque de 18.000 volumes et un atelier de restauration qui traite des œuvres en provenance de toute la région des Asturies. Une rénovation des salles va être engagée et un agrandissement est envisagé, le concours d’architecte étant prévu pour l’été, la fin de travaux à l’horizon 2008. Fin 2005, l'événement qui clôturera cette année d’anniversaire sera l’exposition de la collection Plácido Arengo, l'une des plus importantes réunions d'œuvres espagnoles en mains privées, qui prêtera exceptionnellement un choix de ses tableaux et sculptures, dus aux plus grands noms ibériques du XVe au XXe siècle, certains, presque inédits, n’ayant jamais été montrés.

Mariano Salvador Maella - Esaü vend son droit d'aînesse - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
3. Mariano Salvador Maella
Esaü vend son droit d'aînesse
Huile sur toile - 239 x 156
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
© D.R.
  Mariano Salvador Maella - Esaü vend son droit d'aînesse (esquisse) - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
4. Mariano Salvador Maella
Esaü vend son droit d'aînesse (esquisse)
Huile sur toile - 63,5 x 43,5
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
© D.R.

   En 1996, l’entrée des 362 œuvres de la collection Pedro Massaveu, par legs et par dation, a permis un enrichissement extraordinaire en œuvres anciennes (retables gothiques hispano-flamands2, bodegons de Luis Mélendez…), un riche fonds XIXe et moderne (Joaquín Sorolla ..). Plusieurs donations d’ensembles d’art moderne et d’art contemporains sont entrées récemment (Orlando Pelayo, ). Entre 2002 et 2004, plusieurs peintures de premier plan ont été acquises : les douze apôtres d’un apostalodo de Greco3 (ill. 1 et ill. 2), le Portrait de Jovellanos de Goya, mais aussi un grand format de Mariano Salvador Maella (1739-1819) représentant Esaü vend son droit d'aînesse (ill. 3) et son esquisse (ill. 4), datés de 1790, au moment où, pour s'adapter, ce disciple de Mengs et de Bayeu classicise davantage encore son style. Trois autres peintures récemment achetées viennent d’être accrochées :

Diego Polo - La mort d'Abel - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
5. Diego Polo
La Mort d’Abel
Huile sur toile - 158 x 202 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
© Museo de Bellas Artes de Asturias

- Diego Polo (1610-1655) : La Mort d’Abel (ill. 5). Né à Burgos, à quelques kilomètres d’Oviedo, ce contemporain de Vélasquez et de Carreño de Miranda a fait carrière à Madrid et a développé un style très proche de Titien, au point que certaines peintures comme le Martyre de saint Etienne au musée de Lille sont longtemps passées pour des œuvres authentiques du peintre vénitien. Depuis une vingtaine d’années, certaines publications ont permis de rendre sa personnalité plus reconnaissable4. C’est à cette veine vénitienne, rouge et dorée, qu’appartient le nouveau tableau pour lequel un bozzetto est signalé dans une collection particulière.

Miguel Jacinto Meléndez  - Allégorie de l'Asie - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
6. Miguel Jacinto Meléndez
Allégorie de l'Asie
Huile sur toile - 100 x 96 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
© Museo de Bellas Artes de Asturias

- Miguel Jacinto Meléndez (1679-1734) : Allégorie de l’Asie (ill. 6). Né à Oviedo, lui aussi a fait carrière à Madrid comme peintre attaché à la cour. Sa notoriété a été longtemps liée au fait qu’il est le patriarche d'une dynastie à laquelle appartient le célèbre peintre de natures mortes, mais des études récentes ont permis d'approfondir la connaissance sur sa carrière5. Connu pour ses portraits de la famille royale et quelques peintures à sujet religieux, cette allégorie est le seul de ses tableaux décoratifs qui nous soit parvenus. Acquis par Philippe V et Isabelle Farnèse, il est sorti des collections royales au début du XIXe siècle et n’a réapparu que récemment en 2004 (le Musée des Asturies possédait déjà des portraits de sa main).

   Notons aussi l'acquisition en 2004 d'un Joaquin Torres Garcia (1847-1949) Nature morte en sept tons, daté de 1947. C’est la troisième œuvre de l’artiste catalano-uruguéen qu’achète le musée.

Michel de Piles

1. Fonds municipaux, dépôts du Musée du Prado et de l'Académie des Beaux-Arts de San Fernando.
2. Catalogue de l'exposition Colección Pedro Masaveu : pinturas sobre tabla (SS. XV-XVI), par Alfonso E. Pérez Sánchez, Museo de Bellas Artes de Asturias, Oviedo, mai-septembre, 1999.
3. Il est constitué de 12 apôtres, sans le rédempteur, et daté vers 1585-590. Il était au début du siècle au couvent San Pelayo d’Orviedo (à quelques kilomètres d’Oviedo), puis dans la collection du marquis de San Felix et est entré grâce au mécenat-dation de la société Aceralia . Paul Guinard, Tiziana Frati, Tout l’oeuvre peint de Greco, les classiques de l’art, 1971, n°117, pp 112 et 113 et catalogue de l’exposition El Greco : Apostolado de Oviedo, Luxembourg, Musée d’Art et d’Histoire, mai-juin 2004.
4. Notamment Angulo Iñiguez et Pérez Sánchez, Pintura madrileña del segundo tertio del siglo XVII, Madrid, 1983. L'Abel et Caïn a été a cquis par le musée à la vente Alcalá à Madrid le 20 février 2003 (pour 45.000 euros).
5. Catalogue de l'exposition Miguel Jacinto Meléndez, un pintor asturiano en la Corte de Felipe V (1679- 1734), Museo de Bellas Artes de Asturias, Oviedo, 15 décembre1989 -31 janvier 1990 et Madrid, Musée municipal, 12 avril 1900- 2 avril 1991. Elena Santiago Páez , " Miguel Jacinto Meléndez (1679-1734), pintor de Felipe V", dans Philippe V d’Espagne et l’Art de son temps, Actes du Colloque des 7, 8 et 9 juin 1993 à Sceaux, Mémoires du Musée de l’Île-de-France, Château de Sceaux, vol. 2, 1995, p. 179-191.

Site du Museo de bellas artes de Asturias avec un catalogue assez complet en ligne

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