Découverte d'un nouveau tableau de Georges de La Tour en Espagne
3/6/05 - Découverte - Espagne - Cela fait dix ans qu'une œuvre de Georges de La Tour n'était pas réapparue1, depuis le Saint Jean-Baptiste aujourd'hui au musée de Vic-sur-Seille. Les liens de l'artiste lorrain avec l'Espagne sont nombreux. Par ses affinités avec le caravagisme clair de certains de ses peintres (Maino, Vélasquez jeune...), ce pays s'est toujours intéressé à La Tour et le Musée du Prado a acquis grâce aux arrérages Villaescusa en 1991, en vente publique à Londre, Le joueur de Vielle aveugle, œuvre de jeunesse. On sait que Goya a, dans sa correspondance, décrit un tableau aujourd'hui disparu (Garçon à la pipe). Par ailleurs, les toiles de Rennes (Le Nouveau-Né) et de Nantes (Le vielleur) étaient attribuées au XIXe siècle à des peintres espagnols.
Georges de La Tour
Saint Jérôme lisant
Huile sur toile |
Le Saint Jérôme lisant (ill.), qui vient d'être redécouvert à Madrid, au Palacio de la Trinidad2, siège de l'Institut Cervantes, par le professeur Milicua, doit être placé tôt dans la carrière du peintre, vers la même époque que les Apôtres d'Albi. Il s'agit d'une toile diurne, proche par le style du Saint Thomas à la pique du Louvre daté de la fin des années 1620.
Le thème de Saint Jérôme est courant chez La Tour. La composition dans laquelle le saint est vu de face, en train de lire, est connue par plusieurs copies anciennes présentant de nombreuses variantes avec le tableau nouvellement réapparu, qui renvoient à plusieurs originaux disparus. Elles sont conservées au Louvre, dans la collection de la reine d'Angleterre à Hampton Court (peut-être un original usé) et à Nancy au Musée Lorrain3. On connaît aussi les grands Saint Jérôme pénitent des Musées de Grenoble et de Stockholm.
1. Des copies de compositions perdues ont récemment été identifiées par Jean-Pierre Cuzin : Jean-Pierre Cuzin, « Deux nouveaux documents sur La Tour », Revue des Musées de France - Revue du Louvre, 1-2005, p. 59-62.
2. La provenance ancienne de la toile est inconnue (au verso, figurent les inscriptions “duquesa de Uceda” et le nom de Zurbarán). Conservée depuis des dizaines d’années dans des bureaux, elle appartient à l’Etat espagnol, mais il faut maintenant déterminer si elle relève du ministère de la Culture (par dépôt ancien) ou de celui des relations extérieures (dont dépend l’Institut
Cervantes). Une fois cette formalité administrative établie, elle devrait être déposée au musée du Prado et sera montrée au public lors de l’exposition Caravage et le Naturalisme européen qui aura lieu au Musée National d'Art de Catalogne de Barcelone du 5 octobre 2005 au 15 janvier 2006.
3. Acquis en 1992, il s'agit d'un nocturne, le saint lisant à la lueur d'une chandelle. Ce tableau est donné par Jacques Thuillier au fils de Georges, Etienne de La Tour.
Brève précédente - Brève suivante
Retour vers Nouvelles Brèves
|