Le Van Gogh Museum d’Amsterdam acquiert un tableau de Jacob Meyer de Haan

9/4/05 Acquisition - Amsterdam, Van Gogh Museum - Les tableaux disponibles sur le marché de l’art de Jacob Meyer de Haan1 (1852-1895) sont excessivement rares, et parmi ceux-ci, le nombre d’œuvres intéressantes pour un musée, c’est-à-dire marquées par le cloisonnisme de Pont-Aven, est encore plus limité. Le Musée Van Gogh vient d’obtenir auprès d’un collectionneur privé, par l'intermédiaire du marchand Waring Hopkins, une Nature Morte avec le portrait de Mimi, qui permettra de mieux représenter dans ses collections l’un des rares artistes néerlandais actif à Pont-Aven.

© Van Gogh Museum

Jacob Meyer de Haan
Nature morte avec le portrait de Mimi, 1889-1890
Huile sur toile 
Amsterdam, Van Gogh Museum

   Né dans une famille juive aisée de biscuitiers d’Amsterdam, Meyer de Haan débute dans un style influencé par Rembrandt et l’art hollandais du XVIIe siècle. Blessé par de mauvaises critiques parues dans la presse hollandaise, il partit pour Paris en 1888, et partagea un appartement avec Théo Van Gogh, pendant quelques mois, d'octobre 1888 à avril 1889. Celui-ci le recommanda à Pissaro et à Gauguin. Il rejoignit ce dernier en Bretagne et l’aida financièrement. Il adhéra vite au style que venaient d’inventer Gauguin, Emile Bernard, Paul Sérusier et Laval. D’octobre à décembre 1889, la bande d’amis décora le restaurant de Marie Henry au Pouldu, et Meyer de Haan tomba passionnément amoureux de l’aubergiste. Elle n’était pas mariée et avait déjà une fille surnommée Mimi. Lorsqu’il fit le projet d’accompagner Gauguin à Tahiti, sa famille lui coupa les vivres. Il quitta la Bretagne en octobre 1890, confiant ses tableaux à Marie Henry. Leur fille naquit en juin 1891. Meyer de Haan est encore signalé à Paris au début 1891 puis en Hollande à partir de 1893 ; on ignore presque tout de ses dernières années. Il ne subsiste de sa période bretonne qu’une trentaine de toiles provenant de la vente des héritiers de Marie Henry en 1959.

   La Nature Morte avec le portrait de Mimi, datée de 1889-1890, est une œuvre expérimentale. De façon abstraite, la découpe violente de la nappe blanche occupe la majeure partie de l’image, la petite fille étant décentrée, en accord avec l’esthétique « synthétique » et sous l'influence des estampes japonaises. Les fruits sur la table ont les couleurs stridentes, « choisies pour leurs valeurs expressives », des natures mortes peintes par les artistes de ce mouvement dans ces années-là. Cette nouvelle acquisition est présentée en marge de l’exposition Autour de Gauguin : œuvres post-impressionnistes de la Fondation Triton du 8 avril au 12 juin 2005 au Van Gogh Museum.

  En décembre dernier, le musée avait annoncé l’achat d’un dessin de jeunesse de Van Gogh, un Portrait de Joseph Blok, exécuté en Hollande en 18822.

© Van Gogh Museum

2. Vincent van Gogh
Portrait de Joseph Bok, 1882
Amsterdam, Van Gogh Museum


1. On écrit aussi Meijer de Haan
2. En 2003, le musée avait acquis un tableau de Gustave Caillebotte (voir brève du 14/11/03)



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