Achat, par le Musée Thomas-Henry, d'une aquarelle et d'un tableau de Jean-Baptiste Isabey

20/4/05 - Acquisitions - Cherbourg, Musée Thomas Henry - Le musée de Cherbourg vient d'acheter, auprès de la galerie Talabardon & Gautier, une peinture et une aquarelle représentant toutes deux l'escalier du château d'Harcourt, dans l'Eure, par Jean-Baptiste Isabey.

Photo : Talabardon & Gautier

                               

Photo : Talabardon & Gautier

1. Jean-Baptiste Isabey
Escalier de la tourelle du château d'Harcourt, 1822
Aquarelle sur papier vélin - 25,4 x 16,2 cm
Cherbourg, Musée Thomas-Henry

2. Jean-Baptiste Isabey
Escalier de la tourelle du château d'Harcourt, 1827
Huile sur toile - 64,5 x 44,2 cm
Cherbourg, Musée Thomas-Henry

   Exécutée sur velin, ce qui lui donne l'apparence d'une miniature, technique dont l'artiste est coutumier, l'aquarelle (ill. 1) date de 1822 et reprend une composition qu'il avait traduite, deux ans plutôt, en lithographie. Cette estampe est une illustration des fameux Voyages pittoresques et Romantiques dans l'Ancienne France de Nodier et du baron Taylor, dans le volume consacré à la Normandie. On y voit un jeune couple dont l'homme aide la femme à descendre l'escalier du château. La toile (ill. 2), qui date de 1827 et fut exposée au Salon la même année, reproduit une nouvelle fois cette scène, avec quelques variantes1. Une tradition tardive y voyait Louis XIV et sa maîtresse Louise de la Vallière, dont l'histoire, contée par Madame de Genlis, eut un grand succès au début du XIXe siècle. Si le lieu où se déroule l'action ne fait aucun doute, l'identification des personnages est plus douteuse, les deux protagonistes n'ayant jamais séjourné au château d'Harcourt.
   Isabey, élève de David, est surtout connu comme miniaturiste et dessinateur. Ses peintures sont extrêmement rares2. Le traitement très fini du tableau, le format modeste et le sujet évoquant une scène de l'histoire de France (même si l'identité des personnages n'est pas certaine) font de ce tableau un bon exemple du style Troubadour. L'achat de ces deux œuvres à sujet « normand » est un enrichissement notable pour Thomas Henry, un musée dont les collections remarquables (notamment pour les primitifs italiens) sont hélas bien mal mises en valeur dans le bâtiment moderne et particulièrement laid qui les contient.

1. Un second tableau d'Isabey, du même sujet mais peint sur bois, est aujourd'hui perdu.
2. L'inventaire des tableaux français peints entre 1815 et 1850 du catalogue Les années romantiques ne répertorie que deux  peintures de Jean-Baptiste Isabey, au musée de Chambéry, Portrait de la comtesse de Boigne et Bâteau au clair de lune.


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