Grâce à Axa, la Vestale de Houdon entre au Louvre

24/3/05 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Grâce à la loi sur le mécénat, une œuvre majeure du patrimoine français entre à nouveau au Musée du Louvre. Cette fois, il ne s'agit pas d'un trésor national qu'il fallait garder en France puisque la Vestale de Jean-Antoine Houdon était conservée à l'étranger depuis le début du XXe siècle. John Pierpont Morgan l'avait achetée en 1901 et, de 1925 à 1943, elle avait été prêtée au Metropolitan Museum. En 1943, elle fut vendue à Georges Wildenstein. Elle a été acquise à New York par Axa qui la remettra officiellement au Louvre, en compagnie de Renaud Donnedieu de Vabres, mardi 29 mars. 

Houdon - Vestale.jpg (68608 octets)                                                                         Vestale platre - Houdon.jpg (53326 octets)

1. Jean-Antoine Houdon
Vestale - 1787
Marbre - 170 cm
Paris, Musée du Louvre
© D.R.

2. Jean-Antoine Houdon
Vestale - 1769
Plâtre
Autrefois au Gotha Schlossmuseum
Probablement détruite

© D.R.

      Le thème de la Vestale est récurrent chez Houdon, qui produisit plusieurs œuvres sur ce thème. Une Vestale en plâtre, d'après une sculpture romaine connue sous le nom de Pandore, fut exécutée dès 1769 mais n'est plus connue que par la photographie1 (ill. 2), car elle disparut pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le sculpteur fit évoluer cette composition et la réinterpréta complètement.
   Exposée au Salon de 1787, la sculpture en marbre fut mal reçue par la commentateurs qui regrettèrent généralement qu'elle ne soit pas suffisamment « auguste ». L'un d'eux écrivit : « Car enfin, dépouillez-la de son voile et de ses attributs, supposez-la revêtue d'habits de bergère ; l'expression de sa physionomie y conviendra tout aussi bien. »
2 Cette critique nous paraîtra aujourd'hui un peu injuste. D'une grande dignité, et d'une grande douceur, son attitude ne messied pas à une prêtresse vouée à la chasteté.

   Ce don d'Axa (qui pourra déduire de ses impôts 90 % du montant) est le deuxième fait au musée du Louvre après celui des dessins de Rosso (Brève du 31/10/03). La compagnie d'assurance a également offert au Musée du Quai Branly une sculpture Dogon en décembre dernier. 

1. Cf. le catalogue de l'exposition Houdon, Sculpteur des Lumières, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2004, p. 30.
2. Cité par H. H. Arnason, Jean-Antoine Houdon, Le plus grand sculpteur français du XVIIIe siècle, Edita Denoël, Lausanne, 1976, p. 88.


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