Don, par l'Association des Amis des Musées d'Amiens, d'une lettre illustrée de Célestin Nanteuil à Marie Dorval

20/3/05 - Acquisition - Amiens, Musée de Picardie - Ce musée présente jusqu'au 24 avril 2005 une exposition consacrée à Vingt-cinq ans de mécénat de l'Association des Amis des Musées d'Amiens. C'est l'occasion à la fois de rendre hommage à ces sociétés d'amis qui contribuent de manière souvent significative à l'enrichissement des collections (voire à la publication d'ouvrages scientifiques) et de publier une acquisition récente de cette association.

Nanteuil - Cathedrale.jpg (57917 octets)

                                Nanteuil - Tannerie.jpg (91534 octets)

1. Célestin Nanteuil
Village ; Portrait d'homme ; Cathédrale d'Amiens
Lettre in-8
Plume, encre brune sur papier
Amiens, Musée de Picardie

2. Célestin Nanteuil
Figure de stalle ; Rue de la Tannerie
Lettre in-8
Plume, encre brune sur papier
Amiens, Musée de Picardie

   Il s'agit d'une lettre en trois pages de Célestin Nanteuil (1813-1873), illustrée de cinq dessins à la plume, préemptée à Drouot (SVV Piasa) le 7 décembre 2004. Adressée à Marie Dorval et datée du 15 août [1835], elle rend compte d'une étape d'une journée que l'artiste fut contraint de faire à Amiens. Parti la veille au soir, il n'a « trouvé rien de remarquable qu'un petit village et d'amusant qu'un monsieur très laid dont voici le portrait [...]» (ill. 1). Il dessine sur la même feuille la cathédrale, si belle qu'il est resté à la regarder « au moins un grand quart d'heure sans penser à vous : je crois qu'il est impossible de rêver quelque chose de plus grand, de plus beau, de plus sublime, là devant il faut se taire et admirer ». Il admire l'architecture, extérieure comme intérieure. « Le chœur est garni de stalles en bois qui sont à se mettre vraiment à genoux ». Il dessine une des figures des stalles (ill. 2) ainsi que la très vieille rue de la Tannerie, « avec toutes ces maisons à pignons, ces vieux vitraux, et tout cela est vieux, décrépit, rabougri, sale, mais parfumé par cette odeur d'antiquité qui rend tout si beau. Elle est encore heureusement intacte »
  Outre son intérêt iconographique et artistique pour la ville d'Amiens, cette lettre de Nanteuil, qui fut un temps l'un des espoirs des nouvelles tendances picturales, à Marie Dorval (1798-1849), maîtresse de Hugo et de Dumas, interprète des drames romantiques (Antony, Chatterton), intéressera également les historiens de ce mouvement. 


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