
16/3/05 - Acquisition - Paris,
Musée
d'Orsay.
Lors
de l’exposition sur l’influence de Puvis de Chavannes sur
l’art moderne1,
Serge Lemoyne, le directeur du musée d’Orsay, avait déclaré souhaiter acquérir
une grande figure symboliste de Ferdinand Hodler, trop incompris en France
(Hodler ne parvint pas à s'imposer à Paris, son art étant jugé trop
expressionniste à l'époque, et on se souvient de l’échec, tant
critique qu’auprès du public, de l’exposition du Musée
du Petit Palais à Paris en 1983). Hier, il a saisi l’occasion de combler
cette lacune en obtenant pour 2,52 millions de francs suisses à Christie’s
Zurich, une grande toile emblématique du peintre suisse, Le
Bûcheron2, qui s’ajoutera aux deux tableaux de plus petit format déjà
dans les salles (la Pointe d'Andey
vue de Bonneville, de 1909, acquise en 1987, et le Portrait
de Madame Godé-Darel malade, de 1914, entrée en 1935). Ces dernières années,
des toiles importantes de Giovanni Giacometti, de Cuno Amiet et de Félix
Vallotton étaient venues enrichir la représentation de l’Avant-garde suisse
vers 1900 à Orsay3
Le
bûcheron est l’une des images les plus fortes de Hodler, et parmi les plus
connues. Selon le catalogue de Loosli4, Hodler aurait exécuté près
de treize versions de ce sujet5 et d’autres
sont dues à son atelier. La plus emblématique, de dimensions supérieures, est
accroché au Musée
de Berne et d'autres sont conservées dans des collections particulières.
Celle acquise par Orsay, datée de 1910, appartenait à
L’annonce de cette acquisition, venant après celles du Portrait
de Misia Sert de Vallotton (voir brève
du 6/2/04), du Gérome (brève
du 28/10/4), et du
Messerschmidt (brève du 27/1/05) par le Louvre montre que ces musées ont maintenant les moyens
financiers leur permettant, à l'instar des grands
musées américains, d'acheter au prix fort sur le marché international.
1.
Venise, Palazzo Grassi, en 2002.
2. Huile sur toile. 130 x 101 cm. Le
tableau date de 1910.
3.
Le département des arts graphiques Louvre-Orsay possède trois dessins de
Hodler ; un autre est au musée de Dijon.
4
5.
Cette
série est liée à la commande par la banque nationale suisse à Hodler et à
Eugène Burnand, en 1908, des dessins des billets de banque, sur quatre
représentations du travail (L’Agriculture, L’Artisanat, Le
Commerce, L’Industrie). Le bûcheron concernait le billet de 50
francs consacré à l’Artisanat.
6. Josef Müller (1887-1977) a réuni à Soleure, au début du XXe siècle, une
collection légendaire. Il commença par être mécène d’artistes suisses,
notamment de Hodler, puis il acheta des œuvres françaises modernes (Cézanne,
Renoir, Rouault, Picasso, Braque), et s’intéressa très tôt à
l’abstraction (Miro, Klee). A partir des années 1920, il se consacra aussi à
l’art africain. Plusieurs musées suisses ont bénéficié de ses largesses,
dont le Kunstmuseum Solothurn (Degas, Van Gogh, Klimt, Hodler) ; sa collection
d’art tribal est à l’origine de la célèbre fondation Barbier-Mueller.
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