
The Old Mill at sunset de Thomas Cole choisi par le
Nelson-Atkins Museum de Kansas City
11/3/05 - Acquisition - Kansas City, Nelson-Atkins Museum of Art. Possédant une belle collection de
peintures américaines, le Musée du Kansas cherchait depuis plusieurs dizaines
d'années à la compléter par un tableau de Thomas Cole, pionnier des représentations
de ce pays. Il vient de se rendre propriétaire, via
la galerie Alexander
de New York1, du Vieux
moulin au coucher de soleil, peint en 1844 et exposé un an plus tard à
la National Academy
of Design de New York. En excellent état de conservation, il a gardé son
cadre d'époque. Le premier biographe de
l'artiste, Louis L. Noble, décrivait en 1853
"The Old Mill at Sunset" comme « one of those rare
creations of the pencil that touch the thoughtful beholder like a rich and
tender melody. If the expression may be allowed, it is a pictured song »2.
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1. Thomas Cole
Vieux
moulin au coucher de soleil, 1844
Huile sur toile - 94 x 117 cm
Kansas City, Nelson-Atkins Museum of Art |
Né en Angleterre en 1801, Cole émigra avec sa famille en 1819 et fit
son éducation artistique à Pittsburgh et à Philadelphie, avant de s'installer
à New York en 1825. Mêlant les influences de Claude Lorrain et de John Martin,
il conçut des paysages « sublimes » et cosmiques, allégoriques,
dont le romantisme est contrebalancé par le réalisme de la géographie du
Nouveau Monde et de sa végétation locale. Ils ont marqué à jamais l'histoire
de la peinture aux États-Unis. Ses nombreux « élèves » sont
connus sous le nom de l’Hudson River School. Après le pessimisme des séries
sur le destin de l’Empire3
(1834-1836) et le Voyage de la vie4
(1842), et, au retour de son dernier voyage en Europe, Thomas Cole évolua vers
une vision plus mystique du rapport entre l’homme et
la nature. Ses
dernières oeuvres apparaissent moins grandioses, plus apaisées, mettant en
valeur le quête du « salut », où nature sauvage et terres récemment
défrichées cohabitent en harmonie, avec une attention plus grande au rendu des
effets atmosphériques.
Le tableau de Kansas City date des dernières années de la
carrière de l’artiste ; il est contemporain de la
Croix de la Solitude conservée au musée du Louvre, avec qui il partage un
même format circulaire inhabituel. L’évocation de l'éphémère passage
terrestre est sous-entendue par le cours d'eau et les voiliers au loin et par
les enfants au premier plan, promesse d'un pays neuf5.
L’influence de Claude Gellée6 se perçoit
dans la décomposition de la lumière solaire dorée, barrée à droite par le
groupe d’arbres sombres qui sert de repoussoir. Le sujet évoque évidemment
le Moulin de Rembrandt, un des
tableaux les plus célèbres qui soit au début du XIXe siècle, et autour
duquel les théoriciens anglais du paysage ont bâti la notion de pittoresque
(aujourd’hui conservé à
la National Gallery
de Washington et d’attribution controversée, Cole aurait pu le voir exposé
à Londres en 1815 ou lors de ses séjours en Angleterre). On croyait alors
qu’il s’agissait d’une vue du moulin du père de l’artiste hollandais
peinte au crépuscule, illusion due à de vieux vernis jaunis qui n'ont été enlevés que
récemment.
Autres acquisitions récentes du musée dans les domaines couverts par La
Tribune de l'Art :
-
Henri Met de Bles, paysage avec le bon
samaritain, huile sur panneau, vers 1445-1455, don de R. Crosby Kemper en
2001.
-
Fritz Hugh Lane "Le Starlight"
rentant
dans un port, vers 1855, don Sarah et Landon Rowland au Ever Glades Fund en 2002
(ill. 2)
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2. Fritz Hugh Lane
Le "Starlight"
rentrant dans un port, vers 1855
Huile sur toile - 61 x
91,4 cm
Kansas City, Nelson-Atkins Museum of Art |
1.
Achat grâce à
une contribution du Ever Glades Fund for acquisitions of American art et The
Howard P. Treadway and Tertia F. Treadway Collection by exchange.
2.
Louis
Legrand Noble, The Life and works of
Thomas Cole, New York, 1853.
Cette phrase peut se traduire approximativement par : « Une de ces rares créations
du pinceau qui touche le spectateur méditatif comme une somptueuse et tendre
mélodie. Si cette expression peut être autorisée, il s'agit d'une chanson
peinte. »
3.
New York, Historical Society.
4. Washington, National Gallery (seconde série).
5. Symbolique qu'on retrouve à la même époque, par
exemple, chez Caspar-David Friedrich. Dans les dernières années de sa vie,
Cole a rédigé plusieurs opuscules sur sa conception du paysage et qui valident
ces interprétations.
6. Mais aussi celle d'autres peintres nordiques
italianisants (Asselyn, Both,
…).
Site
du Nelson-Atkins Museum
Voir
aussi sur le site du Louvre, le texte
du Tableau du mois (mars 2003) consacré à La Croix dans la solitude
Pour
d’autres acquisitions de paysages américains, voir la brève
du 11/5/04 et celle
du 28/12/04.
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