
22/2/05 - Acquisitions - Pau, Musée des Beaux-Arts - Eugène Devéria est lié à plusieurs titres à la ville de Pau où il mourut en 1865 : son tableau le plus célèbre représente la Naissance d’Henri IV1, et il a séjourné longuement dans la région, contraint par la maladie à prendre les eaux dans les stations thermales pyrénéennes. Le musée municipal achète régulièrement des œuvres de cet artiste depuis une vingtaine d’années2 et a préempté en vente publique à Vendôme, le 6 février dernier3, cinq esquisses préparatoires aux grands formats de l’église Saint Léonard de Fougères. Possédant chacune son propre châssis mais regroupées dans le même cadre, elles représentent les principaux épisodes de la vie du Christ et sont bien connues puisqu’elles avaient été montrées à l’exposition sur la peinture religieuse en Bretagne de 19934. Elles devraient être à nouveau présentées à celle consacrée à Eugène Devéria, peintre d’histoire, organisée à Pau, de fin novembre 2005 à février 2006.
Les deux frères Devéria, Eugène et
Achille, séjournaient pendant l'automne 1833 à Fougères5,
chez leur ami Jean-Marie Binel, membre du conseil de fabrique de l'église
Saint-Léonard. Eugène se vit confier l'exécution de quatre tableaux pour cet
édifice, commande complétée l'année suivante par deux autres toiles dont
une, L'Assomption, devait être peinte par Achille. Une septième
composition d'Eugène, La Présentation au Temple, de plus petite
dimension, vint parachever l'intervention des Devéria à Fougères. Seules la Résurrection
de Lazare et L'Assomption sont aujourd'hui conservées dans l'église
Saint-Léonard, les autres ayant été placées dans la chapelle du couvent des
Urbanistes.
Eugène Devéria
réalise ici un décor romantique fortement marqué par l'influence rubénienne.
La Descente de Croix et l'Adoration des mages notamment, ont une
composition et une richesse chromatique qui évoquent irrésistiblement le peintre
flamand. Comme l'écrit Philippe Bonnet dans le catalogue cité note 4,
« Eugène Devéria s'impose sans doute comme le peintre le plus
baroquisant de la génération romantique ». Il poursuivra cette
manière dans le fameux décor de la cathédrale Notre-Dame-des-Doms à Avignon
où il travailla à partir de 1838, quelques années après les tableaux de
Fougères.
Le musée de Pau a également acquis récemment trois tableaux, dans le domaine de la peinture ancienne et XIXe siècle :
- Incendie imaginaire à Anvers (ill. 2) par Daniel Van Heil (1604-1662), peintre bruxellois, acquis en 2004.
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2. Daniel Van Heil |
- Philémon et Baucis de l'Anversois David III Ryckaert (1612-1661)6, acheté en 2003, avec l'aide du FRAM Aquitaine.
- Berger des montagnes de Castille (ill. 3) par Henri Regnault (1843-1871), acheté à la galerie Philippe Heim à Paris en 2003.
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3. Henri Regnault |
1.
Musée du Louvre (1827), une réplique d’aussi grand format est conservée au
musée des Beaux-Arts de Pau.
2. Voir récemment la brève
du 17/09/03.
3. SVV Rouillac, le 6 février 2005, lot 102, pour
22000 euros (hors frais). Provenant d’une collection particulière
tourangelle, ces esquisses sont passées à plusieurs reprises, ces dernières
années, chez ce même commissaire-priseur, avec une estimation exagérée, et
ont été ravalées à chaque fois. Pour Pau et son conservateur Guillaume
Ambroise, la patience et la prudence ont été finalement récompensées.
4. Autour de
Delacroix : la peinture religieuse en Bretagne au XIXe siècle, Vannes, Musée
de la Cohue, 1993, catalogue n° 12bis, pp. 88-89.
5. L'historique complet de cette commande, ainsi
qu'une importante notice due à Philippe Bonnet se trouve dans le catalogue
cité note précédente, p. 82-86.
6. Huile sur toile. 60 x
89 cm. Reproduit dans la Revue de France. Revue du Louvre, 1-février
2005, p. 90.
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