Acquisitions de peintures anciennes par le musée de Grenoble (2001-2004)

27/2/05 - Acquisitions - Grenoble, Musée des Beaux-Arts  - Première collection d’art moderne de Province, le Musée de Grenoble donne la priorité, pour sa politique d'acquisition, à l’art contemporain depuis 1920, même si ce choix n’est pas exclusif. Au cours de son mandat, l’ancien directeur, Serge Lemoine, avait pu acheter des toiles importantes de Jacques Blanchard, Jacques Stella, Hippolyte Flandrin ou Henri Regnault et des paysages dauphinois du XIX siècle. Guy Tosatto, son successeur depuis 2002, avait lui aussi déjà mené ces deux fronts à Nîmes. Tout en constituant une collection d’avant-garde pour le Carré d’Art, il avait enrichi le Musée des Beaux-Arts de peintures de Nicolas Chaperon et de Léonard Bramer.  

Photo : © Musée des Beaux-Arts de Grenoble

1. Francesco Guarino (attribué à)
Sainte Cécile martyre, vers 1630-1640
Huile sur toile - 50,7 x 71 cm
Grenoble, musée des Beaux-Arts

  En 2004, l’essentiel des moyens financiers s’est porté sur un sensationnel Portrait de Jackie (Kennedy) par Andy Warhol, créateur indispensable pour une évocation complète de l’art du XXe siècle, tandis que la société des amis du musée offrait un beau dessin de Bonnard préparatoire à la Nature morte accrochée dans les salles. Pour autant, l’art ancien n’ a pas été négligé ces dernières années. En 2002, une Sainte Cécile (ill. 1) attribuée à Francesco Guarino a été acquise par la ville avec l’aide de l’Etat et du Fonds régional d’acquisition des musées Rhône-Alpes1. Ce petit tableau de dévotion conjugue une sobriété d’essence caravagesque et une tendance poétique et raffinée typique de l’école napolitaine vers 1630- 40. A Grenoble même, il pourra être comparé au Christ mort de Bernardo Cavallino, alors que Jusepe de Ribera et Mattia Pretti sont représentés par des grands formats.

   Pour le XIXe siècle (et la fin du XVIIIe), quatre tableaux sont entrés dans les collections entre 2001 et 2003 :

Photo : © Musée des Beaux-Arts de Grenoble

2. Ernest Hillemacher
Antoine rapporté mourant à Cléopâtre, 1863
Huile sur toile marouflée sur carton - 32,5 x 25 cm
Grenoble, Musée des Beaux-Arts

- Antoine rapporté mourant à Cléopâtre2 (ill. 2), une esquisse d'Eugène-Ernest Hillemacher (1818-1887), préparatoire, avec de nombreuses variantes, au grand format déjà conservé à Grenoble3. Le tableau définitif, exposé au Salon de 1863, témoigne d'une recherche de réalisme archéologique typique de l'époque.

Photo : © Musée des Beaux-Arts de Grenoble

                                                                           

Photo : © Musée des Beaux-Arts de Grenoble

3. Charles-Philppe de Larivière
Le Tasse convalescent au couvent de Saint-Onufre, 1828-1829
Huile sur toile - 81,5 x 65,5 cm
Grenoble, musée des Beaux-Arts

4. Fleury Richard
Le Chartreuse de Saint-Bruno, signé et daté 1822
Huile sur toile - 47,5 x 34 cm
Grenoble, musée des Beaux-Arts

- Le Tasse convalescent au couvent de Saint-Onufre (ill. 3) par Charles-Philippe de Larivière (1798-1876) et La Chartreuse de Saint-Bruno4 (ill. 4) par Fleury Richard qui complètent une collection déjà riche de tableaux troubadours (Charles-Caïus Renoux, Jean-Antoine Laurent, François-Marius Granet, Pierre-Henri Revoil, etc).

Photo : © Musée des Beaux-Arts de Grenoble

5. Charles-Paul Landon
Portrait de femme, signé et daté 1793
Huile sur toile  - 65 x 81 cm
Grenoble, Musée des Beaux-Arts

- Portrait de femme5 (ill. 5) de Charles-Paul Landon. Ce rare exemple de portrait féminin sous la Révolution au style néo-classique froid, voire néo-grec à la manière de Vien, formera pour le musée une agréable transition entre le XVIIIe et le XIXe siècle.

   Une telle politique d'acquisition, qui n'hésite pas à compléter les achats de prestige très onéreux (le Warhol) par ceux de tableaux d'amateurs, n'est pas si fréquente et digne d'être notée.

1. De la galerie Canesso à Paris.
2. Acheté galerie Portalis à Aix-en-Provence en 2001.
3. Cf. le catalogue Peintures, sculptures du XIXe siècle. La collection du musée de Grenoble, sous la direction de Catherine Chevrillot, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1995, p. 188-189, notice de Marie-Anne Dupuy.
4. Le Larivière a été acquis à l'Hôtel Drouot en 2001 (cf. Isabelle Loddé, Charles-Philippe Larivière, « Grand prix de Rome de 1824, ou les dangers d'un voyage en Italie », Studiolo, 2003-2, pp. 76-106, ill. p. 83) et le Fleury Richard de la galerie Talabardon et Gautier, également en 2001.
5. Acheté galerie Coatalem en 2003.


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