
16/9/04 – Acquisitions - Paris, musée du Louvre - Le Louvre s'est récemment enrichi de deux peintures que l'on peut admirer dans les salles du département des Objets d'Art. C'est l'occasion de rappeler que certaines toiles y sont exposées lorsqu'elles ont un rapport avec les collections de ce département. Les deux œuvres, l'une acquise, l'autre donnée, entrent dans ce cadre.
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1. François-Louis Dejuinne |
La première est un ravissant panneau représentant Madame
Récamier dans son appartement de l'Abbaye-aux-Bois (ill. 1)1,
dû au pinceau de François-Louis Dejuinne (1786-1844), l'un des bons élèves
de Girodet.
Madame Récamier pose sur un divan, comme chez David. Mais
la comparaison s'arrête là. Alors que le tableau de David, monumental, peint
son célèbre modèle d'une manière presque intemporelle, sur un fond neutre,
Dejuinne choisit de la montrer dans une des deux pièces de son petit
appartement de l'Abbaye-aux-Bois, où elle s'était retirée en 1819, en
décrivant précisément l'ameublement modeste mais raffiné. Chateaubriand a
parlé de cette pièce dans les Mémoires d'outre-tombe et il n'est pas
inintéressant de citer ce passage2 :
« La chambre à coucher était ornée d'une bibliothèque, d'une harpe,
d'un piano, du portrait de Mme de Staël et d'une vue de Coppet au clair de
lune ; sur les fenêtres étaient des pots de fleurs. Quand, tout essoufflé
après avoir grimpé trois étages, j'entrais dans la cellule, aux approches du
soir, j'étais ravi : la plongée des fenêtres était sur le jardin de
l'Abbaye, dans la corbeille verdoyante duquel tournoyaient des religieuses et
couraient des pensionnaires. la cime d'un acacia arrivait à la hauteur de l'œil.
Des cochers pointus coupaient le ciel et l'on apercevait à l'horizon les
collines de Sèvres. Le soleil mourant dorait le tableau et entrait par les
fenêtres ouvertes. » L'Abbaye-aux-Bois, qui se trouvait au début de
la rue de Sèvres, a disparu au début du XXe siècle.
Ce tableau, publié à de nombreuses reprises, était resté
jusqu'à son entrée au Louvre chez les descendants d'Edouard Delorme à qui
l'avait offert la nièce de Mme Récamier.
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2. Blaise Desgoffe |
La seconde est un don de Monsieur François-Joseph Graf effectué en l'honneur de Daniel Alcouffe, le chef du département des Objets d'Art qui vient de prendre tout récemment sa retraite. Il s'agit d'une toile de Blaise Desgoffe (1830-1901) : Vase en cristal de roche du musée du Louvre (ill. 2)3, signé et daté de 1887. Il représente un vase en pierre, cristal de roche et or émaillé conservé par le Louvre, provenant des collections du cardinal de Richelieu Richelieu et acquis ultérieurement par Louis XIV4. Le peintre, neveu du paysagiste Alexandre Desgoffe, se fit une spécialité de ces représentations de gemmes des collections du Louvre. Le dépôt de ce tableau au département des Objets d'art, outre qu'il était conforme au vœu du donateur, se justifie ainsi pleinement.
1. Huile sur panneau. 34 x 47,5 cm.
2. Cité dans : Louis Battifol, « Madame
Récamier à l'Abbaye-aux-Bois et le tableau original de Dejuinne », Gazette
des Beaux-Arts, 1906-II, p. 75-81.
3. Huile sur toile. 73 x 54 cm.
4. Le vase est publié notamment dans : Daniel
Alcouffe, Les Gemmes de la Couronne, Musée du Louvre, département des
Objets d'art, Catalogue, Editions de la Réunion des Musées Nationaux,
Paris, 2001, p. 233-236, repr. p. 242. Le tableau de Desgoffe y est reproduit
dans l'introduction.
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