1/10/04 –  Acquisition - Poitiers - Musée Sainte-Croix - Le musée de Poitiers expose un intéressant Amaury-Duval - Tête d'ange - Poitiers, musée des Beaux-Arts - Photo Etienne Bréton, cabinet Blondeau, Bréton, Pradèreensemble de tableaux religieux du XIXe siècle. Il conserve également plusieurs œuvres de Léopold Burthe (1823-1860), un élève d'Eugène Emmanuel Amaury-Duval, mort à l'âge de trente-sept ans, et dont l'art étrange et déjà pré-symboliste poursuit les recherches de pureté formelle de son maître1. C'est donc fort logiquement qu'une très belle Tête d'ange de profil2 d'Amaury-Duval (1808-1885) vient rejoindre les collections poitevines. Il provient du château de Candale, dans les Landes3.

   Le tableau est signé et daté sur la collerette de l'ange selon une pratique que l'on rencontre parfois chez Amaury-Duval4. Il est situé à Saint-Jean-de-Luz où l'artiste s'était sans doute rendu lors d'un voyage à Biarritz et où il devait réaliser le décor du chœur de la chapelle Sainte-Eugénie, commande jamais menée à terme en raison du mauvais état des murs5. On peut comparer cette tête à celle d'un ange représenté dans une des fresques (Vierge en gloire entourée d'anges) de l'église Saint-Germain-en-Laye, décorée par Amaury-Duval entre 1849 et 18566. Il est également fort proche du Gabriel de l'Annonciation de 1860, exposée au musée d'Orsay. Il est possible enfin que cet ange soit un élément d'une paire dont le pendant, perdu, représenterait la Vierge comme c'est le cas pour une tête d'ange d'un format comparable conservé à Montauban. Cependant, rien dans son attitude, ni aucun attribut comme le lys, ne vient assurer qu'il s'agisse d'un ange de l'Annonciation7.
   La pureté du dessin d'Amaury-Duval combiné à la subtilité de son coloris, dans une matière extrêmement fine, témoigne de la sensibilité de l'artiste et contribue à faire de cette petite toile un véritable chef-d'œuvre.
 

1. Cf. Blandine Chavanne / Bruno Caudichon, Catalogue raisonné des peintures des XIXe et XXe siècles (artistes nés après 1774) dans les collections du musée de la ville de Poitiers et de la Société des Antiquaires de l'Ouest, Poitiers, 1988.
2.
Huile sur toile. 34,7 x 31 cm. Signé et daté, au centre sur le galon doré du vêtement : AMAURY-DUVAL St J DE LUZ 1861. Acquis chez Etienne Bréton, cabinet Blondeau, Bréton, Pradère.
3. Il fut vendu aux enchères sur le site du château le 10 juillet 1999 (étude Piasa). Notons aussi que le musée de Poitiers conserve également d'Amaury-Duval le Portrait de Marie-Marguerite Foucher de Circé, qui était la sœur de Léopold Burthe. 
4. Une Vierge à l'enfant, vendue dans une vente sans catalogue il y a quelques années à Drouot, était signée ainsi.
5. Cf. Véronique Noel-Bouton, Amaury-Duval 1808-1885, catalogue de l'exposition à la Salle des Fêtes de Montrouge en 1974.
6. Cf. Bruno Foucart, Le renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860), Arthéna, Paris, 1987, fig. 78 (deuxième ange du registre inférieur en partant de la gauche).
7. L'Ange de Montauban est légèrement penché vers l'avant et semble s'apprêter à parler.


Brève précédente
- Brève suivante

Retour vers Nouvelles Brèves

Retour vers l'accueil

Nouveautés en ligne | Index | Plan du site | Qu'est-ce que La Tribune de l'Art ? | Ecrivez-nous
©La Tribune de l'Art