
10/10/04
– Patrimoine
- France, trésor national -
Le journal officiel daté du 9 octobre 2004 a publié un
arrêté du 28 septembre
classant trésor national une huile sur toile de François Desportes, Cerfs
aux abois1. Bien que les tableaux de Desportes ne soient pas rares dans les
musées français, l'importance de celui-ci est due au fait qu'il s'agit d'une
commande royale pour Versailles, faisant partie d'une série de six (ou sept2)
toiles à
sujet de chasse pour le nouveau cabinet du roi aménagé par Louis XV dans ses
appartements privés à la place de l'ancien cabinet de la volière, au
troisième étage de la cour des cerfs. A une date indéterminée, le tableau a
été agrandi et est passé d'une forme chantournée à rectangulaire. Les trois
autres tableaux de Desportes pour cette commande étaient : Un sanglier
coiffé par deux lévriers, Un retour de chasse et Un loup
attaqué par six chiens.
Un meuble de toilette ayant appartenu au prince Eugène de Beauharnais, fils de l'impératrice Joséphine, et attribué à Martin-Guillaume Biennais (1764-1843) a également vu son certificat d'exportation refusé. Selon les termes de l'arrêté : « cette barbière, qui a servi vraisemblablement dans les différentes résidences du prince à Paris et Milan puis dans son exil à Munich après 1814, représente un type de meuble réservé à la toilette masculine extrêmement rare [...] ; par sa remarquable qualité artistique et son grand intérêt historique, ce meuble, marqué du chiffre du prince et livré sans doute après 1805, dont aucun équivalent n'est conservé dans les collections nationales, mérite d'être maintenu sur le territoire national en tant que souvenir d'un personnage historique et rare témoin d'une forme originale ainsi que de la perfection du mobilier de style Empire. »
Signalons enfin, bien qu'elle sorte du cadre chronologique de La Tribune de l'Art, l'acquisition par le musée du Louvre de l'extraordinaire Tête de cheval grecque archaïque qui se vendait cette semaine à Drouot et qui venait aussi de faire l'objet d'un refus de certificat d'exportation.
1. Huile
sur toile. 102 x 135 cm. Le tableau est passé en vente chez Christie's, à
Paris, le 24 juin 2004 (n° 87).
2. Le catalogue Christie's indique que sept toiles
furent commandées, quatre à Desportes, et trois à Oudry. L'arrêté de refus
du certificat d'exportation ne parle que de six toiles, peintes par Desportes et
Oudry, sans préciser la répartition entre les deux peintres.
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