13/11/04
–  Acquisitions -
Vic-sur-Seille, musée départemental Georges de la Tour - Les collections du musée s'articulent autour de deux points forts : la peinture française du XVIIe siècle et celle du XIXe siècle1. Il y a quelques mois, la première section s'était enrichie d'un fragment de tableau de Georges de la Tour (voir brève du 25/6/04). Ce sont à présent deux tableaux du XIXe qui viennent d'être acquis.

Photo : Conseil Général de Moselle

1. François Bonvin
Religieuse tricotant
Huile sur toile - 33 x 25 cm
Vic-sur-Seille, musée départemental Georges de la Tour

   Le premier (ill. 1), de François Bonvin (1817-1887), est un achat du Conseil Général de la Moselle. Il représente une Religieuse tricotant, dans la manière de cet artiste qui s'inspire, parfois jusqu'au pastiche, des œuvres de Chardin et des peintres hollandais du XVIIe siècle tel que Peter de Hooch. Les religieuses sont un de ses thèmes de prédilection, comme en témoigne, par exemple, La lettre de recommandation de 1867 ou Les sœurs de charité de 1881, tableaux tous les deux conservés dans le musée municipal (fermé) de Saint-Germain-en-Laye.

Hesse - Berger.jpg (34170 octets)

2. Alexandre Hesse
Jeune pâtre romain
Huile sur panneau - 34,5 x 23,7 cm
Vic-sur-Seille, musée départemental Georges de la Tour

   Le second est une huile sur panneau, représentant un Jeune pâtre romain, dû au pinceau d'Alexandre Hesse (1806-1879). Il a été offert par l'Association des Amis du Musée Georges de la Tour. Situé à Rome, ce petit tableau doit dater du premier séjour italien de l'artiste en 18302. Il est typique des représentations de personnages de la campagne romaine (bergers, paysannes ou brigands) que la plupart des peintres français séjournant dans la Ville Eternelle ont pris comme modèle dans la première moitié du XIXe siècle.
   Ces deux œuvres ont été acquises auprès de la galerie de la Scala, à Paris. Notons également que quatre peintures d'Edmond Louyot (1861-1920), peintre originaire de Moselle, ont également été données au musée.

1. Cf. notre article sur l'ouverture du musée.
2. Stéphane Paccoud, qui mène des recherches universitaires sur Alexandre Hesse et travaille à un inventaire du fonds de dessins de cet artiste conservés par l'Ecole des Beaux-Arts, nous a communiqué cette précision, après parution de la brève :
« Je serais plutôt d'avis de situer cette peinture lors du troisième voyage en Italie de Hesse, à savoir entre 1843 et 1847, ou à sa suite. Aucune de ses représentations peintes de personnages italiens n'est datée. Mais certains dessins le sont, en particulier dans le fonds de l'Ecole des Beaux-Arts, et tous remontent à cette période. Ces œuvres sont très comparables, au point de vue stylistique et iconographique, avec la peinture qui vient d'entrer dans les collections du musée de Vic-sur-Seille. Je pense donc que toutes sont à situer dans cette fourchette chronologique (1843-47) plutôt que pendant le court voyage de 1830. L'achèvement de l'inventaire à l'ENSBA devrait nous éclairer davantage sur ce premier voyage, mais il semblerait qu'il se soit concentré avant tout sur les copies de maîtres anciens. Il ne reste alors que quelques semaines à Rome, fréquentant la villa Médicis, sous le directorat d'Horace Vernet. Le second en 1833 ne lui permet pas de rester plus de neuf mois, surtout à Venise auprès de Léopold Robert. On peut supposer que sa rencontre avec l'artiste suisse est un élément déclencheur de son attrait pour ces figures de bergers et paysans. Ce n'est que lors de sa troisième venue dans la péninsule qu'il effectue le périple traditionnel des artistes, s'attachant véritablement aux sites et aux personnages, dont de nombreux dessins portent témoignage. »




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