
7/6/04
– Musée
– Madrid,
Musée Thyssen et Musée Lázaro
Galdiano
- Le roi et la reine d’Espagne
vont inaugurer ce 8 juin les nouveaux espaces du Musée Thyssen-Bornemisza.
En février 2002, dix ans après son ouverture au public, l’état espagnol et
la baronne Carmen Thyssen concluaient un accord permettant
l’agrandissement de l’édifice central par l’annexion de deux bâtiments,
soit 8000 m2 pour seize nouvelles salles consacrées à la
collection permanente et deux nouvelles salles pour des expositions temporaires.
Quelques mois après, le baron Hans Heinrich Thyssen
disparaissait. Les travaux ont duré deux ans sous la direction du cabinet
d’architectes Manuel Baquero y Francesc Plá pour un budget d’un peu moins
de 40 millions d’euros. La difficulté a consisté à
mettre au même niveau des édifices ayant des étages de hauteurs différentes.
Suite à des polémiques, notamment avec les enfants d’un
premier lit du baron1, la présentation
séparera nettement la collection familiale germanique et les
230 œuvres appartenant à la veuve Carmen Cervera Thyssen prêtées
(gratuitement) pour 11 ans2.
Après le choix d’installer la fondation à
Madrid et la cession de la collection à l’Espagne, le couple, uni par la
passion de la collection, a acquis des pièces
complémentaires aux collections nationales espagnoles et au fonds existant3
: pas de portraits, qui en sont le point fort, très peu
de peintures d’histoire (Le Christ de Van Dyck), mais quelques tableaux
baroques (Crespi), des vedute (Canaletto, Van Witelli,
Vernet), des paysages naturalistes du XIXe (Friedrich, L’écluse de
Constable, Gaertner, plusieurs Corot, Courbet, Le Moulin
des débuts de Van Gogh), des Impressionistes (Sisley, Gauguin), des premières
avant-gardes (Gris). Font leur apparition à Madrid les
pointillistes (Luce, Signac) et les fauves (Matisse)4.
Si certains tableaux sont de premier plan, d’autres
semblent plus inégaux et de nombreuses polémiques ont eu lieu, notamment avec
Francesca de Habsbourg, la fille du Baron, qui aurait préféré
un choix plus affiné. Reste encore un combat à mener
pour Carmen Thyssen qui milite pour l’abrogation du projet de création d’un
autoroute à la place de l’allée arborée devant la
musée, censée décongestionner le centre de Madrid, et qui provoquerait des
trépidations préjudiciables aux œuvres.
Des trois agrandissements des musées du
centre de Madrid situés à quelques pas les uns de autres,
il s'agit du premier à être inauguré. Doivent suivre celui de la Reina Sofia
dû à Jean Nouvel, le 25 juin , puis celui du Prado, par Rafael
Moneo, dans un an. Les gouvernement Aznar et Zapatero ont communiqué
énormément sur ce « Passeo del Arte » qui en
fait n'est autre que le résultat des rénovations nécessaires aux grands
musées internationaux comme en ont connu Paris, Berlin et
Londres dans les dernières décennies. Ce que l’on dit moins, c’est que le
Cason del prado et le Museo Romantico sont fermés aux
public depuis plus de huit ans, ce qui empêche de voir à Madrid la peinture
espagnole du XIXe siècle.
En revanche, après plusieurs années de fermeture, le musée Lázaro
Galdiano a réouvert le 13 février dernier, rénové, aéré, mis aux normes de
sécurité dans le respect de son caractère villa-musée. La collection
exceptionnelle de cet amateur est à nouveau accessible dans un havre de calme
et de goût, loin de l'agitation des musées médiatisés du centre-ville5.
1. La paix
semble être revenue dans la famille Thyssen puisque les fils sont annoncés
pour cette inauguration.
2. On se rappelle que l’ensemble de la collection en 1992
avait été prêtée et acquise par l’Espagne par une sorte de location-vente.
3. L’Etat espagnol a lui aussi acquis sur ses fonds des œuvres
n’entrant pas dans les champs artistiques couverts par le Prado ou le
musée de la reina Sofia, pour dépôt au Musée Thyssen (Jan Both,
expressionnistes allemands)
4. La première exposition temporaire du musée rénové est
consacrée aux peinture catalanes du réalisme au noucentisme de la collection
Carmen Thyssen, œuvres qui à terme devraient constituer un musée à part en
Catalogne.
5. Le numéro 298 de la revue Goya
(janvier-février 2004), fait le point sur cette rénovation et consacre trois
articles qui renouvellent la perception de Velázquez portraitiste.
Lien vers le site du Musée Thyssen
Lien vers le site du Musée Lázaro Galdiano
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