
24/6/04
– Acquisition
– Paris,
Musée Carnavalet –
Le musée a préempté, à la vente Christie's Paris du 24
juin
2004, un panneau de
Claude Vignon1. Acquisition opportune car
ce tableau est éminemment lié à l'histoire de Paris. Il s'agit de celui qui
se trouvait sur le « petit May » offert au chapitre de la
cathédrale Notre-Dame en 1624.
Les petits Mays, donnés par Communauté des orfèvres à partir de
1609 et jusqu'en 1629, étaient constitués d'un tabernacle en bois sculpté,
triangulaire et portant sur ses côtés trois petits tableaux enchâssés : l'un
figurait habituellement une scène de la vie de la Vierge, sur les deux autres
on pouvait lire des poèmes expliquant le sujet et offrant des louanges à la
Vierge. L'ensemble était suspendu dans la nef de la cathédrale comme en
témoigne un tableau du XVIIe siècle conservé au Musée de Notre-Dame.
L'histoire de ces tabernacles du May est complexe et nous ne pouvons que
renvoyer à l'ouvrage Les Mays de Notre-Dame de Paris, publié par le
Musée d'Arras, pour un approfondissement de la question2.
A partir de 1630, ils furent remplacés par les « Grands Mays » dont
de nombreux exemples sont conservés.
Le tableau acquis par Carnavalet ne représente pas, par
exception, une scène de la vie de la Vierge, mais la Pêche miraculeuse3.
Il est mentionné comme disparu dans le catalogue Claude Vignon4.
La notice du catalogue de la vente indique qu'un seul autre petit May subsiste,
celui de 1630 dû à Georges Lallemant Saint Pierre et saint Jean guérissant
un paralytique à la porte du Temple, conservé à l'église de
Saint-Chéron dans l'Essonne. Nous ne connaissons pas ce tableau, qui vient
manifestement d'être redécouvert5.
D'après les documents, il ne s'agit cependant pas d'un petit, mais du premier
des grands Mays.
1. Huile sur panneau. 98,5 x 76 cm.
2. Sous la direction d'Annick Notter, Les Mays de
Notre-Dame de Paris, Musée des Beaux-Arts d'Arras, 1999.
3. Il a également été identifié comme La
Vocation de saint Pierre et saint André.
4. Paola Pacht Bassani, Claude Vignon 1593-1670,
Arthéna, Paris, 1993 ; n° 71.
5. Il a été gravé par Pierre Brébiette. Cette
estampe est reproduite p. 22 de l'ouvrage cité note 2 qui mentionne encore le
May comme perdu. Il n'est pas non plus connu des auteurs du récent catalogue
d'exposition The Triumph of French Painting, Portland Art Museum (11
octobre 2003 - 4 janvier 2004) et Birmingham Museum of Art (25 janvier 2004 - 11
avril 2004).
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