
10/2/04 – Restauration – Paris, Musée du Louvre –
Le tableau de Sebastiano del Piombo, la Visitation (ill. 1), peint en 1519 pour Claude de France, épouse de François Ier, vient d'être restauré et a été raccroché dans la Grande Galerie du Louvre.|
1. Sebastiano del Piombo |
L'œuvre était en mauvais état. Elle avait été transposée de bois sur toile au début du XIXe siècle et très repeinte. Le support actuel a été conservé car il était suffisamment solide et une nouvelle transposition - technique dangereuse et irréversible que l'on ne pratique plus que dans des cas exceptionnels - n'était pas nécessaire. Les repeints ont été traités de manière très pragmatique : conservés là où il était sûr qu'aucune matière originale ne subsistait et lorsqu'ils n'étaient pas gênants pour la lecture, supprimés dans le cas contraire.
Le point le plus critique de cette restauration concernait la
signature présente en bas à droite : «SEBASTIANUS VENET S FACIEBAT / ROMAE
M.D.XXI »1 (ill. 3). Celle-ci, qui se trouvait sur le
parapet, était extrêmement repeinte. Il a été décidé d'enlever les
repeints pour retrouver l'inscription
originale qui s'est avérée être très lacunaire (ill. 4).
La date de 1521 que l'on pouvait y lire (deux ans après l'achèvement du
tableau) était-elle due à une tradition ou reflétait-elle une inscription
ancienne ? Il est probable qu'elle correspondait à la date d'envoi du
tableau de
Rome à Paris. Cécile Scailliérez, conservateur au département des peintures, nous
a dit qu'il avait été décidé de ne pas conserver la signature telle qu'elle,
parce que les repeints du
parapet étaient très lourds, et qu'il aurait été absurde de les enlever en
contournant une signature apocryphe. Il
a été décidé, plutôt que de la reconstituer, de n'en laisser que la partie
authentique. Elle reconnaît cependant que ce choix peut
être discuté.
Une photo du tableau, faite au moment de la dernière restauration
importante en 1938 (ill. 2) et après dégagement
de certains repeints, montre qu'à cette époque la partie droite de la signature ainsi que
la date n'existaient déjà plus. Ce qu'on voyait jusque récemment sur le tableau
(ill. 3) correspondait donc à une restitution récente. Etait-il
nécessaire de reconstituer une inscription moderne dont l'authenticité n'est
pas prouvée mais qui faisait partie de l'histoire du tableau ? La question
peut faire débat, mais le parti pris ne nous semble aucunement choquant.
1. Sebastiano vénitien l'a
fait / A Rome 1521
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