
19/4/04
– Acquisition
– Albi,
Musée Toulouse-Lautrec –
Comme Alfred Dedreux auquel il doit tant,
René
Princeteau
(1849-1914) fut longtemps méprisé par les historiens d'art. Le peintre des
calèches et des chasses à cour était jugé trop aristocratique, trop snob, et
on avait plus de chance de le voir accroché dans les galeries Brame et
Lorenceau ou Schmit, qui lui ont consacré des rétrospectives, qu'aux cimaises
des musées, hors Libourne, sa ville natale.
Très à la mode dans les salons parisiens de son époque,
Princeteau est l'héritier de la « Sporting Painting » anglaise et de Dedreux.
Ami de la famille Toulouse-Lautrec, c'est à lui que Henri, âgé de 17 ans,
montra ses premiers dessins. Princeteau, sourd-muet, dut compatir à l'infirmité du jeune homme qu'il encouragea et, un peu plus tard, qu'il
accueillit dans son atelier du Faubourg Saint-Honoré que fréquentaient en
voisins John Lewis-Brown et Jean-Louis Forain. C'est donc un grand format
caractéristique du mentor de Toulouse-Lautrec que le musée d'Albi a préempté
chez Christie's Paris le 30 mars dernier (58750 € frais compris).
Le tableau représente Le Comte Geoffroy de Ruillé chassant à
courre avec son fils à ses côtés1. On aperçoit dans le fond le
château de Gallerande (Sarthe) où la toile fut conservée jusqu'au décès
d'Anne de Ruillé. Les œuvres hospitalières de l'Ordre de Malte qui en ont
hérité, on vendu le bâtiment en 2001. La vente Christie's concernait tout le
contenu du château (dont un rare « petit Mai » de Claude Vignon2). On se
rappelle que le Saint Thomas de Georges de La Tour, acquis par
souscription nationale pour le Louvre en 1988, avait la même provenance.
1. Huile sur toile. 167 x 135 cm.
2. Le Vignon n'ayant finalement été vendu que le 24
juin 2004 et acquis par le Musée Carnavalet (voir Brève
du 25/6/04)
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