
18/4/04
– Acquisition
– Orléans,
Musée des Beaux-Arts –
Le musée vient d'acheter sur le marché d'art parisien
un tableau de Merry-Joseph Blondel représentant Zénobie trouvée par des
bergers sur les bords de l'Araxe1. Il s'agit d'une esquisse
préparatoire pour un tableau exposé au Salon de 1812, puis acquis par l'Etat
et déposé par le Louvre à Saint-Malo en 1872. Cette toile de grande
dimension (413 x 315 cm) fut détruite pendant le
bombardement de la ville en août 1944.
Le sujet est tiré des Annales de Tacite. Rhadamiste, fils
du roi des Ibères, et sa femme Zénobie doivent fuir la rébellion des
arméniens. Zénobie, enceinte, ne résiste pas à cette course et «
conjure son époux de la soustraire par une mort honorable aux outrages de la
captivité. »2 Rhadamiste se résigne alors à la frapper de son
cimeterre et la jette dans l'Araxe. Des bergers la retrouve inanimée mais
vivante sur les bords du fleuve.
Blondel fut l'élève du Baron Regnault et obtint le Prix de Rome
en 1803 avec Enée portant son père Anchise. Il fut un artiste très
prolifique, auteur de portraits, de sujets mythologiques et religieux, et des
décors muraux dont plusieurs plafonds au Musée du Louvre. Ce dernier a acquis
récemment un ensemble
de dessins pour l'un de ces plafonds, ainsi qu'une esquisse peinte3.
1. Huile sur papier marouflé sur toile. 33 x 26 cm. Signé et
daté au dos de la toile : Blondel 1812. Acheté par l'intermédiaire d'Etienne
Bréton, cabinet Blondeau, Bréton, Pradère.
2. Citation tirée d'une traduction des Annales de 1859 due à J.L.
Burnouf et mise en ligne sur Internet par le site http://renacle.org.
3. Voir brève
du 12/12/04.
Lien vers la page du Livre XII, sur le site cité note 2,qui contient l'histoire de Zénobie.
P.S. Nous avons reçu d'Isabelle Loddé, que nous remercions, la précision suivante :
« Blondel a été lauréat du prix de Rome en 1803 (Grunchec, 1986, vol. 2, p. 28) mais n'est présent à Rome qu'à partir de 1809 ; il y reste trois ans.
Zénobie retrouvée morte sur les bords de l'Araxe serait un envoi de Rome pour la 4e année. Cependant, ce tableau ne figure sur aucun des procès verbaux de l'Académie des Beaux-Arts qui rendent compte des travaux des pensionnaires de l'Académie de France à Rome. La période étant un peu troublée, il est difficile de savoir exactement, pour chaque année, les travaux que les pensionnaires ont envoyés.
La seule source permettant d'affirmer cela est la presse : le tableau de Blondel est critiqué parmi ceux des artistes de l'Ecole de Rome, "qui viennent de terminer à Rome leur éducation pittoresque" (A. L. C., "Beaux-Arts, Salon de 1812,(troisième article)" dans Le Moniteur universel, 25 novembre 1812, p. 1304).Isabelle Loddé »
Brève précédente - Brève suivante
Nouveautés
en ligne | Index
| Plan
du site |
Qu'est-ce
que La Tribune de l'Art ?
| Ecrivez-nous
©La
Tribune de l'Art