18/4/04
Acquisitions Rouen, Musée des Beaux-Arts  
Le musée de Rouen a préempté cinq œuvres lors de la vente Pierre Miquel (voir brève du 9/4/04) dont deux aquarelles et un lavis de Paul Huet. Les aquarelles sont une Vue générale de Rouen1 (ill. 1) et une Vue d'Aigues-Mortes2 (ill. 2). Le lavis représente le site mégalithique de Stonehenge en Angleterre3 (ill. 3), non loin de Bristoln ; son achat a pour but de renforcer les collections en rapport avec la Grande-Bretagne, un des axes de la politique d'acquisition du musée. 

Paul Huet - Vue générale de Rouen - Aquarelle - 20 x 30,5 cm - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Photo SVV Rossini, Paris                                Paul Huet - Vue d'Aigues-Mortes - Aquarelle - 20 x 27 cm - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Photo SVV Rossini, Paris

1. Paul Huet
Vue générale de Rouen
Rouen, musée des Beaux-Arts

2. Paul Huet
Vue d'Aigues-Mortes
Rouen, musée des Beaux-Arts

 

Paul Huet - Stonehenge - Lavis d'encre brune - 22 x 35 cm - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Photo SVV Rossini, Paris                                Adrien Dauzats - L'abbaye de Jumièges - Huile sur papier, marouflé sur toile - 31,5 x 46 cm - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Photo SVV Rossini, Paris
3. Paul Huet
Stonehenge
Rouen, musée des Beaux-Arts

4. Adrien Dauzats
L'abbaye de Jumièges
Rouen, musée des Beaux-Arts

   Les deux dernières préemptions sont une huile sur papier, marouflé sur toile, L'abbaye de Jumièges4 par Adrien Dauzats (ill. 4) et surtout un tableau de Claude-Marie Dubufe (1790-1864) représentant une jeune femme pleurant alors qu'elle tient une lettre et une croix de la Légion d'Honneur5 (ill. 5). Le catalogue l'identifiait avec Mlle George, actrice célèbre de l'époque napoléonienne, qui fut la maîtresse de Bonaparte. Cependant, aucun événement dans la vie de celle-ci ne paraît correspondre à cette composition. Si la mention Wagram pourrait être une allusion à Napoléon, rien ne justifierait la présence de la décoration. Il s'agit plus probablement6 d'une femme recevant la Légion d'Honneur de son mari, décoré à titre posthume. La mention Wagram peut signifier que son époux a trouvé la mort lors de cette bataille. Une gravure, datée de 1828, représente ce même sujet en sens inverse (ill. 6). Elle est titrée La douleur7 et peut-être convient-il de conserver ce titre au tableau9. Après l'immense succès d'une paire de toiles exposées au Salon de 1827, Les souvenirs et Les regrets8, Dubufe se fit une spécialité de ces têtes d'expression féminines, sentimentales à la Greuze (ont été notamment gravées : La Suppliante, La Candeur, Le Repentir,...)10.

Claude-Marie Dubufe - La douleur - Huile sur toile - 65 x 54 cm - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Photo SVV Rossini, Paris                                Claude-Marie Dubufe - La douleur - Lithographie - © D.R.

5. Claude-Marie Dubufe
La douleur
Rouen, musée des Beaux-Arts

5. Claude-Marie Dubufe
La douleur
Lithographie

1. 20 x 30,5 cm.
2. 20 x 27 cm. Cachet en bas à gauche (Lugt 1268).
3. Lavis d'encre brune. 22 x 35 cm. Cachet en bas à droite.
4. 31,5 x 46 cm. Signé en bas à gauche.
5. Huile sur toile. 65 x 54 cm.
6. Ces précisions nous ont été données par Diederik Bakhuÿs, conservateur au Musée des Beaux-Arts de Rouen.
7. Cf. Emmanuel Bréon, Claude-Marie, Edouard et Guillaume Dubufe, Portraits d'un siècle d'élégance parisienne, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, Paris, [1988]., p. 69
8. Pasadena, Norton Simon Museum. Reproduit op. cit. note 7, pp. 66-67.
9. Au musée de Rouen, le tableau est présenté sous le titre : La lettre de Wagram.    
10. Cf. op. cité note 7, pp. 70-74.

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