
6/8/04
- Politique
culturelle
- Avignon, musée Calvet -
La ville d'Avignon s'est séparé en juillet du conservateur en chef du musée Calvet,
Pierre Provoyeur, nommé en 1995, sous le prétexte que : « La ville ne
peut assumer la charge d'un salaire de conservateur général du patrimoine au
sommet de sa carrière » ! On voit, ainsi, les premiers effets d'une
décentralisation que nous ne cessons de dénoncer ici.
L'explication est discutable : qui peut croire qu'Avignon ne peut
payer les 4500 € mensuels d'un conservateur général. Mais la ville a pu
trouver cette justification car l'Etat n'a pas transféré les fonds qui
devaient accompagner la décentralisation. On peut craindre que, demain,
d'autres villes n'utilisent le même prétexte pour économiser sur des postes
de conservateur. C'est, d'ailleurs, déjà plus ou moins le cas. Beaucoup
d'établissements n'ont plus de conservateurs mais des attachés de conservation1.
De nombreux conservateurs, fraîchement émoulus de l'Ecole du Patrimoine sont,
actuellement, sans poste2. La loi sur la
décentralisation risque d'entraîner une accélération de ce phénomène.
1. Nous ne remettons, évidemment, aucunement
en cause les compétences des attachés de conservation qui dans bien des cas
font un travail remarquable. Mais ceux-ci sont, a priori, moins formé,
moins qualifiés (donc moins chers) que les conservateurs.
2. Sur la dernière promotion, 7 des 12 conservateurs
territoriaux (toutes spécialités confondues) n'ont pas de poste. Six de la
promotion précédente sont dans ce cas. Ces professionnels, formés à grand
fais, pointent actuellement au chômage, situation tout à
fait inacceptable.
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