30/8/04 Disparition - Antoine Schnapper vient de mourir, à l'âge de 71 ans, des suites d'une longue maladie.
   Antoine Schnapper était un des historiens de l'art les plus respectés. Elève d'André Chastel, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la peinture française aux XVIIe et XVIIIe siècles
, notamment Jean Jouvenet, 1644-1717, et la peinture d'histoire à Paris, hélas épuisé et presque introuvable ou Nicolas Mignard d'Avignon (1606-1668), catalogue raisonné de son œuvre qui accompagnait l'exposition de 1979 au Palais des Papes d'Avignon, travail essentiel qui révéla un artiste aussi important que son frère Pierre Mignard. Il contribua à faire mieux connaître, à travers d'innombrables articles, de nombreux peintres, comme Bon Boullogne, Louis de Boullogne, Joseph Parrocel ou Louis de Silvestre. Commissaire d'expositions, on lui doit notamment, outre Nicolas Mignard : Les peintres de Louis XIV (1660-1715), Jean Restout (1692-1768) et Jacques-Louis David au Louvre en 1989.

   Le champ de la curiosité d'Antoine Schnapper ne se limitait pas aux classiques monographies. Il fut en France un pionnier dans l'étude du collectionnisme, et fit pour notre pays ce que fit Francis Haskell pour l'Italie. Son ouvrage en deux tomes sur les collectionneurs au XVIIe siècle (Le géant, la licorne et la tulipe suivi de : Curieux du Grand Siècle) a renouvelé notre conception du monde de la curiosité au XVIIe siècle et analysé l'émergence des collections artistiques à cette époque. L'ensemble de sa bibliographie jusqu'en 1998 est répertorié dans le volume de mélanges en son honneur qui fut publié à l'occasion de sa retraite (Curiosité, Etudes d'histoire de l'art en l'honneur d'Antoine Schnapper) de son poste de professeur à l'Université de Paris IV. Malgré la maladie, il poursuivait ses travaux. Son dernier ouvrage, Le métier de peintre au Grand Siècle, qui sera hélas posthume, doit paraître prochainement chez Gallimard. Il porte sur le statut de l'artiste au XVIIe siècle à Paris.

   Un des membres fondateurs d'Arthéna, Antoine Schnapper fut l'un de ceux qui fit le plus pour le rapprochement entre les musées et l'Université. Selon le témoignage de ceux qui l'ont connu, il laissera le souvenir d'un esprit indépendant, d'un homme à l'humour pince sans rire, abordable et bienveillant. Son travail d'enseignant à Paris IV était essentiel pour lui et il a formé toute une génération d'historiens de l'art. Attentif envers ses élèves, il suivait avec constance leur travail et était toujours présent pour eux, suivant de près les doctorants jusqu'à la soutenance de leur thèse.

   Notons que l'on peut trouver sur Internet, en intégralité, un article qu'Antoine Schnapper avait rédigé avec Pierre Rosenberg pour le Bulletin annuel du Musée des Beaux-Arts du Canada, n° 6, 1982-1983, et qui semble avoir échappé aux auteurs de sa bibliographie dans le volume Curiosité : « Les peintures à sujets mythologiques et historiques de Restout : à propos de l'achat par la Galerie nationale du Canada de Vénus montrant ses armes à Enée ».


A lire également : Les vertus d'un grand professeur. Témoignage pour Antoine Schnapper par Olivier Bonfait.


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