
12/8/04
– Politique culturelle
- France -
Un an après son vote au parlement, le Ministère de la Culture vient de
publier deux brochures pour mieux faire connaître aux entreprises et aux
particuliers la loi du 1er août 2003 relative au mécénat
culturel.
Si plusieurs œuvres ont pu être achetées par des
entreprises pour être données aux collections françaises, il semble que
certains trésors nationaux connaissent actuellement quelques difficultés à
trouver un mécène, malgré les conditions fiscales très avantageuses. C'est
sans doute une des raisons qui pousse aujourd'hui le Ministère à faire
paraître ces modes d'emploi. De leur côté, la Bibliothèque Nationale et le
Musée du Louvre ont également diffusé chacun un livret explicatif dans le
même but d'intéresser d'éventuels donateurs.
Notons toutefois que la loi est également destinée aux
particuliers : toute personne privée qui donne (sous forme d'argent ou d'œuvre
d'art) à une institution culturelle (musée, fondation,...) peut déduire de
ses impôts 60% du montant, dans la limite de 20% de son revenu imposable. Si
le plafond de 20% est dépassé, le bénéfice de la réduction peut être
reporté sur les 5 années suivantes. Les brochures insistent beaucoup sur les
dons fiduciaires, mais les dons directs d'œuvres d'art sont possibles. Il faut
également souligner que le mécénat ne concerne pas que les particuliers
fortunés ou les grandes sociétés. Les musées de province auraient tout
intérêt à se tourner vers les entreprises locales pour les aider à financer
certains achats1.
Ces mesures sont une réaction nécessaire face à la montée des prix du
marché de l'art et à
l'hémorragie d'œuvres que connaît notre pays. Elles nécessitent
cependant, pour être réellement efficaces, que les budgets d'acquisitions de
l'Etat et des collectivités territoriales ne diminuent pas en conséquence2.
Ces plaquettes, utiles et bien venues, sont disponibles sur demande par fax au : 01-40-15-77-07 ou par courriel à mission-mecenat@culture.gouv.fr.
1. Notons toutefois que le don, par
une entreprise, d'une œuvre qui n'est pas un trésor national, bénéficie
d'une déduction d'impôt de 60% et non de 90%.
2. Une loi similaire, votée
par le parlement espagnol en 1996 et amendée en 2002 a fait merveille. Les
ministres de la Culture espagnols successifs ont cependant souligné que le
renouveau des musées et des collections espagnoles est conditionné par le non
désengagement de l'Etat. Comme nous le soulignions dans la brève précédente,
celui-ci a acquis pour le Prado plusieurs tableaux majeurs, tandis que le
mécénat des entreprises agissait de manière très complémentaire à ces
achats.
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