
30/12/04
- Musée
- Barcelona,
Museu Nacional d’Art de Catalunya -
L'histoire du musée
d’art de Catalogne est intimement liée aux manifestations internationales
ayant eu lieu dans la ville. Le bâtiment a été construit sur la colline de
Montjuïc dans le style « Beaux-Arts » à l’occasion de l’Exposition
Universelle de 19291 et devait être détruit
peu après, ce qui explique certaines faiblesses structurelles d'origine. Avec
sa longue façade palatiale et sa coupole évoquant le Vatican, il n’est en
rien digne de la fantaisie des architectes autochtones Gaudi, Dominech Montaner,
Jujol et autre Puig i Cadafalch. En 1934, il fut affecté à la collection
municipale dans la perspective des Jeux olympiques2
de 1936. Et sa rénovation fut décidée en 1987 en prévision de ceux de 1992.
Dirigés par les architectes Gae Aulenti, Enric Steegmann et Josep Benedito, les
travaux de mise aux normes de l’édifice ont coûté en tout 122 millions d’euros,
de la nécessaire consolidation antisismique jusqu’à l’air conditionné.
Plus de 1660 œuvres sont désormais déployées sur 10556 m2 (et 2237 m2 pour
les expositions temporaires). Des salles d'arts graphiques, de photographies, et
de numismatique3 ont été intégrées au
circuit. La conservation, un centre de restauration des œuvres et une bibliothèque
d’histoire de l’art ont aussi été modernisés.
La réputation du musée est surtout due à l’incroyable série de sculptures et de fresques médiévales détachées des églises de montagne pyrénéennes dans la première moitié du XX siècle. La section romane a été rénovée en 1992 et la partie gothique en 1997. Après 18 ans, le chantier s’est enfin achevé par l’inauguration, en décembre 2004, de 16 nouvelles salles lumineuses couvrant la période de la Renaissance à la création contemporaine. Cette opération a permis de réunir côte à côte, et sans les mêler, plusieurs ensembles jusqu’ici dispersés dans la ville (donation Cambó, collection Thyssen auparavant au monastère de Pedralbes, Musée d’art moderne de la Citadelle). La part belle est faite aux artistes catalans, certains bénéficiant d’espaces monographiques. Méconnus, ceux des XVIIe et XVIIIe ont été sortis des réserves (cycles peints d'Antoni Villadomat, de Francesc Pla ; sculptures de Francesc Grau et Lluís Bonifàs). Le développement de l’art catalan du néoclassicisme au noucentisme et à l'avant-garde est illustré par Fortuny, l’école d’Olot, Casas, Nonell, Mir (ill. 1), González, Gargallo ou Tàpies, avec une importante présence d’objets et de mobilier Art Nouveau, période phare pour la Catalogne, lorsque Picasso et Gaudi créaient leur premières œuvres et que naissaient Dali et Miró.
Les autres écoles européennes sont également représentées. Le fonds municipal comprend des toiles baroques, espagnoles (Greco - ill. 2, Ribera, Zurbarán, Ribalta) et italiennes (Tintoret, Bassano, Annibale Carracci4 - ill. 3), Andrea Lili, Naples XVIIe et Rome XVIIIe). En 1947, Francesc Cambó a légué près de 60 peintures : nombreux primitifs et XVIe italiens (Lippi, Tintoret, Sebastiabo del Piombo), quelques flamands et hollandais, un XVIIIe exceptionnel (Fragonard, les deux Tiepolo, Quentin La Tour, Gainsborough, Goya). 64 tableaux de la collection Thyssen-Bornemisza furent cédés à Barcelone, lorsque l'ensemble a été acheté par l’Espagne : Fra Angelico- la Vierge à l'enfant - , XVe flamand et allemand, baroque (Ludovico Carracci - ill. 4, Romanelli, Rubens) et XVIII vénitien (Canaletto, Longhi, Sebastiano Ricci, Ceruti, Van Witelli). Une salle est consacrée au prêt momentané, par Carmen Thyssen, des œuvres catalanes de sa propre collection particulière, qui sera présentée dans quelques années dans un musée indépendant à Sant Feliu de Guíxols, localité située à 110 kilomètres au nord de Barcelone.
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2. Annibale Carracci et
Francesco Albani |
4. Ludovico Carracci |
Des
articles de fond sur les collections et l’activité de l’établissement sont
publiés annuellement dans le Bulletí del
Museu Nacional d'Art de Catalunya5.
Comme c’est le cas pour de nombreux musées en France, la municipalité a
rétrocédé la gestion à la région (Generalitad de Catalogne). Le MNAC
participera au Prado Itinérante,
version intelligente de la décentralisation des collections : le Prado va récupérer
de nombreux tableaux déposés dans des bâtiments publics (ministères,
administrations, collèges,...), les restaurer, les étudier dans des
expositions scientifiques6, et constituer
ainsi un fonds qui sera prêté par roulements à divers musées de province
d’Espagne (sans pour autant rien retirer de ses cimaises).
1.
Par les architectes Enric Cata, Eugeni Pedro Cendoya et Pere Domènech i Roure.
2. Qui n’ont pas eux lieu à cause de la guerre
civile en Espagne.
3.
27 salles et 4285 pièces illustrent l'histoire des monnaies catalanes et
du royaume de Majorque, des colonies grecques, jusqu'à l'important renouveau de
la médaille autour de 1900.
4. Fresques détachées de la chapelle de Enriquez de
Herera à l’église Saint Jacques des espagnols à Rome, exécutées sur les
cartons d’Annibale par ses élèves principalement Francesco Albani. Dépôt
de la Reial Acadèmia Catalana de Belles Arts de Sant Jordi en 1902
5. Sommaire des années 2002 et 2003 : http://www3.unileon.es/ser/bu/recentral/titulos/b002/indice.html
6. A Avila, au palais de Aguila, voir notre brève
du 12/8/04.
Site internet du musée
: www.mnac.es
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