17/09/03 - Acquisitions - Pau, Musée des Beaux-Arts et Belfort, Musée d'Art et d'Histoire - Les musées français profitent intelligemment de la nouvelle législation sur les ventes volontaires qui permet d'acquérir, après la vente, des objets n'ayant pas été adjugés, souvent en raison d'une estimation excessive. Fin juin, chez Sotheby's à Paris, deux musées de Province ont pu ainsi acheter deux jolis tableaux du XIXe siècle qui s'inscrivent parfaitement dans leurs collections. Le musée Carnavalet avait acheté également, dans les mêmes conditions, un modello d'Hippolyte Flandrin (voir à la date du 8/08/03)
   Le musée de Pau a renforcé son fond Eugène Devéria (1805-1865) en se portant acquéreur de Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre, protégeant son fils Edouard, prince de Galles, pendant la guerre civile1 (fig. 1). 

Eugène Devéria - Marguerite d'Anjou.jpg (34342 octets)

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1. Eugène Devéria
Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre, protégeant son fils Edouard,
prince de Galles, pendant la guerre civile

Pau, Musée des Beaux-Arts

2. François-Joseph Heim
Le martyre de saint Cyr et de sainte Juliette, sa mère
Belfort, Musée d'Art et d'Histoire

   Si Devéria n'est pas originaire de Pau, il y séjourna longuement et y laissa des œuvres (église Saint-Martin). L'esquisse achetée par Pau, de facture romantique, peut être rapprochée des tableaux de Paul Delaroche, tel que les Enfants d'Edouard (musée du Louvre). Comme pour celui-ci, il s'agit d'un épisode de l'histoire d'Angleterre. Le procédé dramatique, inspiré du théâtre, y est comparable : la présence des assassins en coulisse, qui ne vont pas tarder à entrer dans le champ du tableau pour commettre leur forfait, fait peser sur la toile une atmosphère dramatique.

   Pour sa part, le musée de Belfort a acheté une esquisse de François-Joseph Heim (1787-1865) représentant Le martyre de saint Cyr et de sainte Juliette, sa mère2 (fig. 2), préparatoire à un tableau exposé au Salon de 1819 et aujourd'hui conservé à l'église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris3. Natif de Belfort, élève de François-André Vincent, Heim est particulièrement apprécié aujourd'hui pour ses esquisses fougueuses4.

1. Huile sur toile, 46 cm x 37,5 cm, signé.
2. Huile sur toile, 41,5 cm x 28 cm.
3. Sur le tableau définitif, voir Bruno Foucart, Le renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860), Paris, Arthéna, 1987, p. 180, fig. 26.
4. A propos des esquisses de François-Joseph Heim, voir Jean-Pierre Cuzin, "François-Joseph Heim, peintre d'esquisses", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, année 1991.

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